Les Cinglés du Music Hall Jap’ #6 : les Amoureux des Bancs Publics de Koshiji Fubuki

 J’aime ! Tu aimes ! Il aime ! Nous aimons ! Vous aimez ! Ils aiment le music hall jap’ ! Les Cinglés du music hall Jap’ ! Une émission d’Olrik pour ceux qui aiment vraiment le music hall Jap’ !

Oui, il est dit que Bulles de Japon aura ce mois-ci la virilité moustachue. Après Maupassant, c’est au tour d’un autre gars velu d’être évoqué, ce bon vieux Georges dont on fête aujourd’hui le trentième anniversaire de la mort.

Habituellement j’ai tendance à considérer ce genre de festivité comme une mascarade inutile. Un génie est un génie, nul besoin pour lui de réactiver sa mémoire, son oeuvre est au-dessus de cela. Si certains l’ignorent, tant pis pour eux, ce sera une pépite en moins à découvrir dans leur vie, à d’autres de l’apprécier. Mais enfin, le cas Brassens  a ici agi comme une piqûre de rappel salvatrice. La vie est courte, et il peut être regrettable de mettre trop longtemps au placard des copains dont l’art est fait pour mûrir, se bonifier tout le long de sa propre existence. Tout le foin autour de Brassens m’a du coup donné envie de ressortir mes CD pour faire doucement retentir dans mon bureau la voix bien connue de ce bourru bienfaisant. Imparable avec une tasse de kawa alors que dehors le temps est au dégueulasse.

Avec à la clé une autre conséquence, à savoir se demander si des artistes japonais ont interprété ses chansons. Après une rapide recherche, quelques noms me sont apparus : Tsutomu Koga, Ben Kudô. Mais en attendant de mettre un jour la main sur leurs interprétations, évoquons aujourd’hui Koshiji Fubuki :

Koshiji Fubuki (1924-1980), c’est une de ces artistes talentueuses issues du Takarazuka qui ont su par la suite bâtir une solide carrière, loin de l’éphémérité de certaines idoles. Chansons pour des films, multiples rôles au cinéma, passage obligé au Kouhaku uta no Gassen, innombrables récompenses, Koshiji Fubuki a su se faire un nom et même séduire un autre gars viril (mais sans moustache) :

Yukio Mishima

On croira à un moment à un possible mariage entre les deux mais cela ne se fera pas. Pas grave, un autre mariage attendra plus tard la chanteuse avec un autre mâle (quant à lui du genre hétéro poilu), notre ami Georges donc, avec cette reprise des Amoureux du banc public :

On notera la présence d’un discret accordéon donnant évidemment un côté parisien à la chanson. Cliché en diable mais cela n’empêche pas à cette version, un peu plus dans la gravité que l’original, de faire honneur à ce dernier de par sa finesse, l’élégance surannée de la voix de Fubuki et l’accompagnement teinté de mélancolie nostalgique.

Ce morceau se trouve dans Brassens, échos du monde, compilation de chansons de Brassens reprises aux quatre coins du monde.

Du même tonneau (ou presque) :

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One Comment

  1. bonjour; merci pour cet article qui éclaire la personnalité de cette chanteuse que je viens de découvrir: je suis à la recherche des paroles de cette chanson (en phonétique); si quelqu’un peut m’aider!
    merci

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