Une histoire de jambes
À ma gauche, des jambes athlétiques, puissantes, tanées et surmontées d’un fessier musclé, sans la moindre trace de graisse du fait de dizaines de kilomètres à trimballer un pousse pousse sur l’asphalte de Tokyo.
A ma droite, des jambes graciles, immaculées et surmontées de ce que l’observateur masculin appellerait volontiers « petit cul » plutôt que « fessier ». Sans doute assez peu de graisse aussi. Mais peu de puissance non plus, entre s’acharner sur un rickshaw et tenir un keitai qui voltige élégamment au niveau d’un volant assez court pour laisser voir un popotin moulé comme il faut dans un short, il y a un monde.
J’aurais bien aimé voulu connaître les pensées de la jeune pousseuse qui regardait ces gambettes. Sans doute y avait-il un peu d’aigreur mais qu’elle se console : plus tard, elle et son alter ego sur talons aiguilles seront sur un parfait pied d’égalité. Il ne sera plus question de tirer un rickshaw ou un petit ami sur le bitume, mais de se faire tirer par un fiston agacé de se coltiner une vieille obasan toute flageolante.





Joli… Très joli, même…