Bijin de la semaine (12) : l’inconnue jouant dans un shô eiga de 1949

Il est possible que je me plante avec cette bijin. Est-elle vraiment japonaise ? rien n’est moins sûr. Elle apparaît en fait dans un court métrage de 1949 (intitulé Oriental Tease) destiné à être diffusé dans machines de cinéma individuelles, fonctionnant avec des pièces.  Le problème est que les différents panneaux qui jalonnent ce petit film sont écrits en anglais et que le premier indique que le court métrage a été approuvé par le « associated board of censors ».  On peut donc imaginer qu’il s’agit d’un film américain produit aux Etats-Unis et dans ce cas, l’auguste pin up n’est pas nécessairement une japonaise. Mais il date de 1949. Autrement dit, à une époque où l’occupation américaine est encore importante. Du coup, qui sait ? peut-être que ce court a été réalisé au Japon dans le but de distraire à peu de frais la libido des G.I. Ce fil ténu avec le Japon vient aussi du fait que l’on trouve cette inoffensive perle dans les suppléments de la version DVD américaine de Notorious Concubines, de Koji Wakamatsu. Elle côtoie d’ailleurs une appréciable quantité de courts métrages du même type dont certains sont garantis 100% japonais. Ca ne veut rien dire, on peut juste penser que les concepteurs du DVD s’y connaissent un peu en la matière et ne l’on pas placé là par hasard. En tout cas, un coup d’œil jeté sur Behind the Pink Curtain, de Jasper sharp (la bible pour celui qui veut en savoir plus sur le pinku eiga) ne m’a malheureusement pas beaucoup plus avancé.

Je pars donc du principe que la belle de cette semaine EST une bijin, tant pis pour l’exactitude du pedigree.

Unknown bijin, here we go !

De quoi est-il question dans ce court métrage ? Oh, de pas grand-chose en fait. Nous sommes juste avant l’époque des « shô eiga », comprenez des petits films spécialisés dans l’art de effeuillage. Ici, pas de gros plans scabreux, juste de jolies minettes montrant leurs formes. Dans ce film, notre inconnue se dénude donc dès la deuxième minute (le court dure moins d’un quart d’heure) pour aller prendre un bain de soleil dans un cadre champêtre.Mais, chut ! Ne gâchons pas le plaisir de la découverte. Vous êtes prêts ? vous avez inséré une pièce de dix yens (j’ignore quel était le cours du yen de l’époque) ? C’est parti :

Bien content de l’apprendre. On peut voir la fille maintenant ?

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Dès les premiers instants, on a compris : la caméra du réalisateur va être une sorte de gros bourdon qui n’aura de cesse de virevolter tout autour du corps de la donzelle. Si le scénario est néantissime (mais c’est normal), reconnaissons au moins un petit effort d’imagination pour varier les prises de vue. Dans la première partie par exemple, la caméraman a bien compris que ces tétons dressons au milieu de cette orgie de chair laiteuse étaient bien sympatoches :

Imaginons alors le GI (ou le salaryman) sentant une certaine excitation poindre de sa braguette et tombant alors face à ces horribles panneaux :

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Que faire ? Bon allez, encore une petite pièce de dix yens pour nourir Kitty :

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Dans la deuxième partie, les amateurs de derrière rebondi en ont pour leur argent. On appréciera aussi le jeu sur les clairs-obscurs et les mouvements de caméra en contre plongée. Techniquement, c’est irréprochable, un tel plaisir pour les yeux que lorsque cet immonde panneau nous saute à nouveau au visage :

On ne peut que dégaîner une nouvelle pièce de dix yens pour voir la suite du spectacle. D’autant qu’on est prévenus :

Here comes a new challenger !

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Bon, là, on se dit qu’on s’est un peu fait carotter. Mais c’est sans compter sans le réalisateur qui à ce moment semble perdre patience. On l’imagine pris de fureur érotique et ordonnant à notre bijin de sortir le grand jeu :

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Adorable pose à la Gil Elvgren

Et merde ! Enfin, ça dépend car de deux choses l’une, soit notre GI, personnage un rustre, un peu simple dans ses plaisirs (on n’imagine pas Buck Danny, hein !), a déjà lâché ses missiles dans

« Et là, tu as le zizi tout dur Buck chéri ? – Le quoi ? »

son pantalon et n’a plus qu’une idée en tête : retourner à la caserne pour sa corvée de patates avant de se faire engueuler par le sergent Hartmann. Soit le spectateur est au contraire un

esthète raffiné, cultivé et amateur de beauté féminine japonisante (mais c’est tout moi ça !), esthète qui considèrerait que s’arrêter là serait manquer de respect à la demoiselle.

C’est ainsi que notre petit jocrisse se saisit de sa dernière pièce et la glisse fébrilement dans la fente en espérant secrètement

que le film, quoique approuvé par la censur, se termine en apothéose. Et là, il est amusant de voir qu’il y a effectivement bien apothéose :

On retrouve le fameux dressage de tétons (d’ailleurs, la belle a-t-elle demandé à Sim et Charles Aznavour de lui rendre service ? Je pose la question) mais surtout un cadrage au ras du pubis qui nous fait bien sentir que là, on est sur la corde raide, bien raide même. Quelques centimètres de plus, et Anastasie jaillissait avec ses ciseaux, et pas pour couper à notre bijin quelques poils follets.

« Oui, et d’ailleurs, je trouve qu’il y a du boulot sur ce blog »

Pour sûr ! Tiens, vieille chouette, celle-là est rien que pour toi :

« Comment ? Tu n’as pas consulté Drink Cold cette semaine ? Tiens, voilà pour toi! »

Bon, je vais m’arrêter, cet article commence un peu à partir en torche. Merci donc à toi, bijin n°12, pour avoir su toucher un spectateur du XXIè siècle de ton charmant strip-tease pastoral.

Du même tonneau (ou presque) :

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