Masasumi Kakizaki

En VF ou VO, contemporain ou vintage.
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Masasumi Kakizaki

Message par Olrik » 12 juin 2017 21:26

Kakizaki raconte que dans son enfance il était très amateur d'histoires d'épouvante. On veut bien le croire tant ses histoires, en mettant en scène des personnages emplis d'affres dans des lieux improbables (une grotte, un centre pénitentiaire pour adolescents...) ne sont pas sans créer une atmosphère de terreur et de cruauté évoquant Stephen King (dont le mangaka est par ailleurs un ardent fan). Le trait est réaliste et use volontiers d'un petit gimmick graphique : l'utilisation massive de fin traits blancs superposant les personnages lors de scène de tension psychologique, comme pour signifier la toile d'araignée dans laquelle les plonge la situation où ils se trouvent embourbés.

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Re: Masasumi Kakizaki

Message par Olrik » 14 juin 2017 13:33

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Ce one shot de 2010 raconte l'histoire d'un père dévasté par la mort accidentel de son fils (mort dont on le tient responsable) et en difficulté face à une épouse avant tout de son confort personnel et d'une belle-famille odieuse avec lui. Lors d'un séjour visant à recoller les morceaux avec sa femme, il en profite en réalité pour mettre à exécution un plan qui lui permettrait de recommencer sa vie : supprimer sa femme.
Le problème est que les circonstances les font pénétrer dans une grotte à l'intérieur d'une forêt, grotte habitée par deux étranges créatures...

C'est dans ce manga que Kikizaki confie dans une postface son amour pour Stephen King. Le macabre qui se dégage des planches peut en effet évoquer l'oeuvre de King mais on pourra aussi songer à Bernie Wrightson, le maître américain de la BD d'horreur. Atmosphère cloaqueuse, matière en putréfaction, grand réalisme de certaines cases, on retrouve en effet ce qui a pu faire la force de Wrightson.
Un one shot glauque et efficace, le récit alternant des flash-back permettant de comprendre l'animosité entre les époux et la galère dans laquelle ils se trouvent.

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Re: Masasumi Kakizaki

Message par Olrik » 24 juin 2017 16:36

Durant l'ère Showa, six gosses sont incarcérés suite à des délits graves dans les faits, mais dont les circonstances rendent amères les rudes conditions du séjour qu'ils s'apprêtent à faire. Néanmoins, aussitôt arrivés ils rencontrent Anchan, un jeune homme un peu plus âgé qu'eux et qui a tôt fait de devenir leur mentor. Ensemble, ils vont se serrer les coudes pour survivre dans leur centre de détention le temps de purger leur peine, puis à l'extérieur lorsqu'ils seront libérés et qu'il faudra bien faire quelque chose d'utile dans leur vie...

Difficile de ne pas aimer Rainbow. On est face à une variante des Trois Mousquetaires, avec une galerie de personnages masculins incarnant tous un aspect de l'humanité qui, conjugué aux qualités des autres, permettra à la petite bande de surmonter tel ou tel obstacle grâce à une solidarité et une force à toute épreuve. Les sept protagonistes sont parfaitement bien campés, tout comme les adversaires, de l'horrible maton Ishihara à la bande de gaijin mercenaires à la fin en passant par le père adoptif pédophile de l'un soeur de l'un des personnages. Le graphisme nerveux de Kakizaki fait merveille dans les nombreuses scènes de violences concotées par le vétéran George Abe, soucieux de retranscrire le chaos du Japon d'après-guerre (et qui a lui-même connu un passage par la case maison de correction).
Manga historique, manga seinen, manga d'amitié, manga de boxe, Rainbow est tout cela à la fois. S'il me reste encore d'autres titres de Kakizaki à découvrir, je ne me trompe peut-être pas trop en disant que Rainbow est l'un de ses chefs-d'oeuvre, si ce n'est son chef-d'oeuvre. Il existe un anime paraît-il, grosse envie de le voir.

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