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Re: La littérature policière japonaise

Publié : 26 févr. 2019 16:27
par Mark Chopper
Pour Masako Bando (aka la tueuse de chats), d'après ce blog que je consulte régulièrement, son roman s'apparente plus au genre fantastique :
Mais pourquoi publier ce roman dans la collection Actes noirs ("romans noirs et thrillers") ? Il n'y a pas d'inspecteur, et pas d'enquête.
Et pourquoi écrire sur la quatrième de couverture qu'il s'agit d'un "roman noir qui frise le fantastique" ? Allons bon ! Comme si on écrivait que le film Independance Day frise la SF, que King Kong est un documentaire animalier qui frise le fantastique, etc.
A notre époque, le fantastique a-t-il encore mauvaise presse, comme les romans policiers à une époque ?
S'il s'agissait d'un roman noir, je pense que je l'aurais ajouté (comme les romans de Fuminori Nakamura). Mais peut-être que l'auteur du blog se plante ?

Quant à Génocide(s) de Takano, d'après ce que j'ai lu ici ou là, on est plus proche du roman d'anticipation...

Certaines frontières sont parfois floues et je jugerai sur pièce un jour ou l'autre (et j'espère pouvoir aussi compter sur l'avis d'autres lecteurs ici). Comme pour Le Mauvais de Shuichi Yoshida, pour lequel j'ai un doute...

Re: La littérature policière japonaise

Publié : 26 févr. 2019 17:56
par Olrik
Oui, comme le titre du fil l'indique, c'est "la littérature policière" et non "le roman policier" uniquement dont il va être question. Intégrer les polars (je pense qu'il y a des titres de ta liste qui s'y apparentent) et à la limite les romans noirs me semblerait cohérent. Même les thrillers je serais assez partisan (d'ailleurs tu as inclus dans ta liste le Out de Natsuo Kirino qui appartient clairement au genre).

Re: La littérature policière japonaise

Publié : 26 févr. 2019 20:57
par Seijoliver
Mark Chopper a écrit :
26 févr. 2019 16:27
Pour Masako Bando (aka la tueuse de chats), d'après ce blog que je consulte régulièrement, son roman s'apparente plus au genre fantastique :
Mais pourquoi publier ce roman dans la collection Actes noirs ("romans noirs et thrillers") ? Il n'y a pas d'inspecteur, et pas d'enquête.
Et pourquoi écrire sur la quatrième de couverture qu'il s'agit d'un "roman noir qui frise le fantastique" ? Allons bon ! Comme si on écrivait que le film Independance Day frise la SF, que King Kong est un documentaire animalier qui frise le fantastique, etc.
A notre époque, le fantastique a-t-il encore mauvaise presse, comme les romans policiers à une époque ?
S'il s'agissait d'un roman noir, je pense que je l'aurais ajouté (comme les romans de Fuminori Nakamura). Mais peut-être que l'auteur du blog se plante ?

Quant à Génocide(s) de Takano, d'après ce que j'ai lu ici ou là, on est plus proche du roman d'anticipation...

Certaines frontières sont parfois floues et je jugerai sur pièce un jour ou l'autre (et j'espère pouvoir aussi compter sur l'avis d'autres lecteurs ici). Comme pour Le Mauvais de Shuichi Yoshida, pour lequel j'ai un doute...
Pour le Masako Bando, je l'ai lu il y a ... au moins trois ans. J'avais beaucoup apprécié. Mais c'est un peu loin pour être très précis. Fantastique : clairement, avec du thriller. Je le relirais sans hésitation.

Noir sur blanc, Jun'ichirô Tanizaki

Publié : 28 févr. 2019 11:47
par Olrik
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Ecrivain paresseux, Mizuno fait dans le roman policier avec des intrigues usées jusqu'à la corde. Mais sa vie monotone se voit bouleversée le jour où, s'inspirant d'une personne réelle (Kojima) pour façonner le personnage de la victime (Kodama) dans son dernier roman en cours d'écriture, il oublie de changer le nom de Kojima en Kodama. Comme il est trop tard pour corriger, les épreuves étant sous presse, il se dit que tant pis ! après tout, comme il s'agit de trois ou quatre occurrences, personne ne fera attention. Par contre il serait cocasse d'imaginer que Kojima clamse après la parution du roman dans les mêmes circonstance que celles de l'intrigue. Cocasse mais gênant car on viendrait certainement à le suspecter, lui, Mizuno, d'avoir dédoublé l'assassinat fictif en assassinat réel. Or, justement, quelques jours après, on découvre que Kojima a été agressé dans la rue. Il est mort...


Il y a un côté kafkaïen dans cette implacable histoire de mise en abyme dans laquelle Tanizaki s'amuse à jouer avec le genre du roman policier pour livrer une histoire sans criminel, l'intérêt n'étant pas ici de savoir par qui Kojima a été tué mais d'être saisi par le vertige des malheureuses circonstances qui vont enfoncer Mizuno dans un redoutable piège. A vrai dire on sent venir le vent assez tôt mais il est malgré tout amusant d'entrer dans cette machine implacable. Amusant, oui, le mot n'est pas trop fort tant la voix narrative choisie (c'est Mizuno lui-même qui raconte), en alternant inquiétude et détachement parfois corrosif (savoureuses pages au début faisant le portrait de Kojima) permet de s'attacher et de s'intéresser au sort de ce pauvre écrivain persécuté par son tanto et un fatum qui se concrétisera par une chute cruelle.

Re: La littérature policière japonaise

Publié : 28 févr. 2019 17:05
par Seijoliver
Olrik a écrit :
25 févr. 2019 11:06
Bonne idée de rassembler les informations sur un genre dans un topic.
Pour la liste "quasi complète" de la MCJP, on peut d'ores et déjà y ajouter Noir sur Blanc de Tanizaki, paru en 2018 chez Picquier. Un roman policier un peu particulier, à la marge dans son approche du genre, mais s'apparentant clairement à la "littérature policière".
Cette fameuse liste ! elle pousse à faire quelques recherches...
Devant me déplacer en bus, j'ai évalué selon la distance que je pouvais relire des récits policiers d'Edogawa Ranpo.
A l'aller, La chenille ; au retour, Deux vies gâchées.
Chacun des récits (édition Picquier de 1990) a une courte présentation, et pour La chambre rouge, il est fait référence à un texte de Tanizaki : Tojo.
Je suis allé visiter le site Gallimard. Je ne sais si ce récit, Tojo a été traduit, ni donc s'il peut se trouver dans le recueil : L'Affaire du «Yanagiyu» et autres récits étranges !

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Présentation de l'éditeur : " Étranges, ces récits le sont assurément, et à ce point chargés de mystère et de suspense que la librairie Kaizôsha n'hésita pas en 1926 à les regrouper (avec deux autres nouvelles) en un volume de sa collection «Romans policiers japonais». L'un de ces récits peut en effet apparaître comme une sorte d'épure de roman policier. "

Si quelqu'un-e a lu ces textes, on pourra en savoir plus !

Re: La littérature policière japonaise

Publié : 28 févr. 2019 20:53
par Olrik
Pas encore lu mais je possède ce recueil au format epub. Voici la table des matières :
- L'affaire du Yanagiyu (1918)
- La Tumeur à face humaine (1918)
- L'Or et l'argent (1918)
- Un drame maudit (1919)
- Hassan Khan le magicien (1917)
- Chemin faisant (le Tojo qui t'intéresse - 1920)
- Monsieur Aozuka (1926)

Re: La littérature policière japonaise

Publié : 28 févr. 2019 21:29
par Olrik
On peut ajouter à la liste celui-ci : Le Mauvais, Shuichi Yoshida (Picquier)

Re: La littérature policière japonaise

Publié : 01 mars 2019 10:15
par Mark Chopper
Le Yoshida est ajouté.

Pour les nouvelles de Tanizaki, je vous laisserai trancher à l'occasion (ce n'est pas sorti en poche, ce n'est pas dispo dans ma bibliothèque ni dans le Quarto dont je dispose).

Re: La littérature policière japonaise

Publié : 01 mars 2019 10:46
par Olrik
Possible que je tente le Tanizaki prochainement, je confirmerai alors.

Re: La littérature policière japonaise

Publié : 03 mars 2019 10:38
par Olrik
J'ai lu la nouvelle Tojo, de Tanizaki. C'est on ne peut plus une nouvelle policière. Nouvelle très originale d'ailleurs, qui me donne envie d'enchaîner avec les autres du recueil.