Meteor jam in your face !

Ah ! Le basket ! C’était le bon temps ! Les matchs en poussins qui chaque week-end nous envoyaient dans les gencives des 60-0 (oui, en section poussin, de tels scores sont possibles) ! La première victoire, miraculeuse, qui nous a presque fait chialer de joie sur le parquet ! Les années collèges qui m’ont fait changer d’équipe suite à un déménagement et connaître bien davantage la victoire ! Les entraînements du mercredi après-midi qui m’obligeaient à faire marcher le magnéto pour enregistrer Dragon Ball, Saint Seiya et Ken au moment du club Dorothée ! Et puis les petits drames, les petites mesquineries liées à une arrogance toute adolescente, les années lycée et les ultimes feux d’une passion, avec une pratique plus dirigée sur le basket de rue, et enfin l’âge adulte où l’expression « main au panier » privilégie un autre sens et où le basket se résume à une activité consistant à se vautrer sur le canapé, mug de café à la main, devant un bon match à la télé, parce que bon, j’ai déjà pas mal donné et mes articulations sont déjà assez déglinguées comme ça, ce genre de connerie ça va deux secondes, hein !

Ainsi va la vie. J’ai été basketteur. Après un passage au iaido, je suis maintenant un joggeur amateur de sumo. Et peut-être plus tard serai-je un pratiquant de kyudo fan de curling japonais féminin, allez savoir. Quoi qu’il en sera, je conserve en attendant dans mon cœur une place pour le sport de Larry Bird et tressaille à chaque fois de plaisir lorsque j’entends la voix de George Eddy.

 

Et nous on t’aime Georgy !

Cette longue introduction juste pour dire qu’aujourd’hui, je vais parler de Kuroko no basket qui, tout le long du visionnage de ses trois saisons, s’est positionné dans mon esprit comme l’un des tout meilleurs anime de sport, et sans doute comme le meilleur anime sur le basket. Longtemps, Slam Dunk m’a semblé comme la référence, en dépit de ses défauts. Dear Boys était franchement soporifique, Buzzer Beater, quoique original, imparfait encore dans son approche réaliste des mouvements restituant une offensive au basket. Je n’attendais rien de particulier de Kuroko. Je savais qu’il était très connu, mais je partais en me disant qu’il ne détrônerait pas Slam Dunk. Eh bien, après avoir vu hier le 75ème et dernier épisode, je n’en suis plus si sûr, car le petit plaisir, parfois limite hystérique, que j’ai pu avoir en m’enquillant les deux dernières saisons quasiment non stop, est le signe des grands anime, et je dois dire que ce plaisir je l’ai bien moins ressenti lorsque j’ai maté l’intégralité de Slam Dunk.

Alors bien sûr, entendons-nous bien, je cause ici juste anime. Il faudrait bien sûr se plonger aussi dans le travail de Takehiko Inoue et de Tadatoshi Fujimaki (ça ne saurait tarder pour ce dernier) pour être parfaitement juste. Mais si on part du principe que l’on va se limiter aux anime, il faut reconnaître que Kuruko est quand même un sacré show. On y retrouve tous les ingrédients du shonen sportif mais avec une qualité et de petites différences qui en font un spectacle addictif à suivre. D’abord, on ne commence pas l’histoire avec un personnage de néophyte qui va découvrir un sport et s’acharner à progresser (c’était le cas dans le récent – et excellent – Ballroom no youkoso). Là, les personnage principaux, Kuroko et Kagami, joueurs qui se rencontrent lors de inscription au club de leur nouveau lycée, Seirin, connaissent parfaitement le basket. Ils l’ont pratiqué au collège et sont déjà d’un niveau élevé. On ne perd donc pas de temps avec les épisodes consacrés à l’apprentissage. On entre tout de suite dans le vif du sujet, à savoir la préparation des matchs pour affronter les cadors des compétitions lycéennes, en sachant bien que les deux héros sont de toute façon encore loin du sommet et vont devoir trouver et affûter toute une panoplie de nouvelles armes.

« Armes » est le bon mot puisque l’histoire baigne dans une atmosphère pas loin d’être mythologique, avec une génération de joueurs dite « des miracles ». Il s’agit à l’origine d’une équipe de collégiens (à laquelle appartenait autrefois Kuroko), équipe comprenant cinq membres absolument hallucinants dans leur spécialité respective (il y a le shooter à l’adresse divine, le scoreur/dribbleur fou, le pivot herculéen, le meneur à la vision de jeu absolu, etc.), et devenus chacun le boss d’une équipe de lycée. Le mystère qui les auréole a tôt fait de stimuler Kagami qui désire par-dessus tout se frotter à ces joueurs exceptionnels et dont la particularité graphique est d’avoir des cheveux d’une couleur annoncée par leur nom (Midorima est ainsi le shooter aux cheveux verts) et dont la personnalité est à la fois bien trempée et différente de celles des autres. C’est le principe des trois mousquetaires avec au milieu un quatrième qui est l’amalgame des autres. Dans Kuroko, ce serait Kagami, sorte de Hanamichi increvable (le héros branquignol de Slam Dunk) mais un Hanamichi ayant déjà atteint un niveau d’excellence. Le personnage est sympa mais c’est celui qui donne son nom à la série qui intrigue le plus. Pour lui aussi, on a droit à un discours qui lui confère une aura légendaire, quasi surnaturelle. Kuruko, c’est le « joueur fantôme », le sixième homme qui a été reconnu par les cinq membres de la génération des miracles comme étant leur égal, mais que personne ne remarque tant le gamin semble fragile et manquer totalement de présence. C’est un héros totalement falot et, en nous gardant bien de révéler ce qui fait sa force, absolument réussi, captivant à suivre dans son évolution.

Bref, avec cette génération des miracles que Kuroko et Kagami vont devoir découvrir (retrouver pour Kuroko), on baigne un peu dans une atmosphère à la Saint Seiya. Car les mecs sont un peu comme des chevaliers d’or du basket, avec des coups spéciaux dépassant l’entendement, coups décuplés lorsque les personnages « entrent dans la zone ». L’expression ne se réfère pas à la zone défensive, cette technique de placement des joueurs pour contrecarrer une attaque. Elle désigne ici la capacité d’un joueur à se transformer, se sublimer pour atteindre un niveau qui va tout défoncer sur son passage et faire rentrer les paniers comme papa dans maman. Mais attention ! N’entre pas dans la zone qui veut! Pour cela il y a une condition indispensable : avoir l’amour absolu du basket. Désolé les mecs mais si vous n’aimez que partiellement le basket, vous n’entrerez jamais dans la zone et resterez des clèdes toute votre vie. Super saiyan, septième sens, il faut maintenant avoir en tête la « zone » de Kuroko no basket si on veut donner un bon exemple de nekketsu, ces moments dans lesquels des héros font bouillonner leur sang et se surpassent. Visuellement, quand un joueur se zonifie, c’est scotchant. Les iris des personnages se mettent à faire des étincelles et laissent des traînées lumineuses, prélude à des actions qui vont laisser le spectateur comme deux rond de purin (euh, le flan japonais, pas ce qui sort de l’anus d’un canasson). J’ai encore en tête le météor jam que Kagami dégaine d’entrée de jeu lors de la finale, j’en rêve limite la nuit ! On peut trouver cela regrettable car apparentant l’anime à une sorte de Captain Tsubasa du basket. Mais encore une fois, entre Tsubasa et Kuroko, les techniques d’animation ont évolué et il faut bien reconnaître que lorsque ces moments spectaculaires arrivent, qu’on les accepte dans leur irréalité, c’est bien souvent jouissif.

D’autant que Kuroko no basket est loin d’être totalement invraisemblable. En dehors des coups spéciaux que dégainent les personnages, il faut reconnaître qu’il y a bel et bien une approche réaliste du basket dans cet anime. Contrairement à Captain Tsubasa, les joueurs ne vont pas mettre des plombes à remonter le terrain. Certaines attaques sont parfois effectuées en une poignée de secondes, le temps d’envoyer une longue passe à un coéquipier qui va conclure en smashant. Surtout, la gestuelle des joueurs transpire l’amour du basket. J’imagine que le mangaka à l’origine de l’histoire devait être un fin connaisseur de ce sport, ou alors il s’est documenté de manière drastique car ses personnages, dans leurs manière de se mouvoir, de passer, de shooter, sont absolument convaincants, même si, bien entendu, ils donnent parfois plus l’impression d’être des pros de NBA que de simple lycéens. Mais qu’importe, la restitution de la gestuelle et des mouvements des basketteurs surpassent de loin Buzzer Beater et fait vraiment plaisir à voir.

Spectaculaire et réaliste en même temps donc. A cela s’joute l’humour, ingrédient que l’on trouvait abondamment dans Slam Dunk mais à mon sens trop le fait de l’histrion Hanamichi. Dans l’anime, c’en était même parfois un peu saoulant. Dans Kuroko, l’humour touche tous les personnages. Certains plus que d’autres, mais chaque personnage est susceptible à un moment de porter une charge comique. C’est parfois du déjà vu, mais parfois aussi, certaines saillies fonctionnent parfaitement et contribuent assez bien à rendre plaisante le côté « bande de potes » qui, tout en restant sérieux dans leur approche du basket pour essayer de progresser, se relâchent parfois et donnent une âme, rendent sympathique leur équipe.

Le running gag de Riko en cuisinière de l’apocalypse.

Last but not least, Kuroko est assez bien pourvu en…

Fan service !

Car oui, dans cet anime, les rondeurs ne sont pas uniquement celles du ballon. Momoi nous offre les siennes dès la deuxième saison…

Boobs de niveau 4. On les voit ici à travers l’oeil de Terminator de Riko.

… puis Alexandra Garcia, personnage surprise débarquant des States. Et même Riko, allez ! qui voit son supposé bonnet B subitement augmenter lors d’une scène de onsen (c’est ça la magie du rotenburo !).

Ajoutons cela une musique épique qui, conjuguée à une scène dramatique, vous fait hurler de rage quand tombe subitement le générique de fin, ainsi qu’une progression dramatique classique mais tout à fait prenante (Kuroko et Kagami affronteront bien sûr le plus terrible des membres de la génération des miracles à la fin). Du gros son, du réalisme spectaculaire, une intrigue qui ménage ses révélations, de l’humour et des boobs : comme dirait Georges Eddy :

INCROOOYAAABLEU !

Laissez-vous tenter et entrez dans la zone de KnB. Impossible de le regretter.

Lien pour marque-pages : Permaliens.

5 Commentaires

  1. J’ai maté l’intégrale de la série en deux mois je crois… C’était il y a deux ans et j’ai trouvé ça mortel (j’ai juste trouvé le personnage d’Akashi un peu décevant comparé aux autres joueurs de la génération des miracles, difficile de croire en son « pouvoir »).

    Par contre j’ai trouvé « Kuroko’s Basket Last Game » assez dispensable.

    • En fait j’ai commencé par hasard avec « Last Game » que j’ai vu au Japon. J’ai évidemment vite compris que c’était une erreur mais cela m’a donné très vite envie de commencer à partir du début. Je vais le revoir demain avec les enfants, maintenant qu’on a terminé la 3ème saison. Pas sûr que je boude mon plaisir ^^
      Des cinq « miracles », je crois que je préfère Aomine. Je veux bien croire au pouvoir d’Akashi qui a finalement juste une vision de jeu surdéveloppée, capable d’anticiper à mort. Mais sa voix me gonfle (cela dit excellent doublage, quels que soient les pesonnages) et encore plus son côté fils de bourge violoneux qui a pété dans la soie toute sa vie.
      Aomine, par contre, ouais je kiffe (malgré le fait que Momoi soit toujours collée à ses basques, le salaud !)

      • Aomine, c’est un peu le Mark Landers de « KNB », c’est pour ça que tu le kiffes ^^

        Le doublage est effectivement excellent, le mec qui double Murasakibara me faisait bien marrer.

        (mon problème sans doute, c’est d’avoir eu deux ans d’intervalle entre la série et le « Last Game »)

        • « (mon problème sans doute, c’est d’avoir eu deux ans d’intervalle entre la série et le « Last Game ») »

          C’est très possible.Là, je bats le fer tant qu’il est chaud et je pense que ça va bien se passer.
          Sinon Midorima et ses objets porte-bonheur est très bon aussi.
          Ça m’emmerde un peu d’essayer le manga maintenant que je sais où va l’histoire mais je vais essayer quand même, histoire de voir comment l’auteur s’est débrouillé pour retranscrire les scènes de jeu. Le gars reste d’ailleurs dans l’univers du sport puisque son nouveau manga se passe dans le monde… du golf ! Difficile d’imaginer ce que ça peut donner après un manga aussi dynamique que KnB.

        • Aomine, c’est un peu le Mark Landers de « KNB », c’est pour ça que tu le kiffes ^^

          Même peau mate, même arrogance, c’est clair qu’on est face à une citation.

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