En attendant que le temps se purge

Aeon un dimanche matin

Dimanche 22 octobre

C’était donc bel et bien reparti pour des aventures japanisthanaises. Mais attention ! fallait voir à ne pas aller trop vite pour ne pas se claquer. Raisonnablement (et un peu lâchement), je décidai de ne pas chausser mes baskets pour aller courir sous la pluie. A la place, j’optai pour me rendre en famille au grand Aeon en famille, histoire d’aller voir l’actualité de choses aussi essentielles que les films alors programmés au cinéma, quels étaient  les KitKat de la saison, s’il y avait de nouveau trucs sympa à becqueter ou à boire, dénicher des gashapons cool bref, occuper mon temps de manière intelligente.

Highway to consumerism

Arrivés là-bas, nous mîmes un peu de temps à nous garer. Le dimanche, c’est un peu la journée à éviter, a fortiori quand le temps n’est pas à la fête, ce genre de complexe commercial ayant tendance à devenir le véritable centre ville, condamnant l’ancien à n’exister qu’à travers les bars et les restos. Quoi qu’il en soit, de nouveau en pleine possession de mes moyens, mes super réflexes en action, je fondis comme l’aigle royal sur la première place libérée, n’en pouvant plus d’attendre de retrouver l’atmosphère mercantile du lieu.

A l’intérieur, en passant devant les films à l’affiche au cinéma situé à l’étage, je tombai sur cette bobine bien connue :

Beat était dans la place avec Outrage Coda, dernier volet de sa trilogie des « Outrage ». Aller le voir en avant première était tentant, même s’il était sans doute plus raisonnable sa sortie en France pour profiter des sous-titres, plutôt essentiels pour ce type de film. Bon, on verrait cela plus tard (je rappelle sinon que le film sortira en France le 1er décembre sur e-cinema.com).

Plus loin, au magasin Jusco, à la redoutable section des machines d’arcade pour les enfants, les kids décident de se payer une partie de Dragon Ball Heroes. C’est le drame ça, Dragon Ball Heroes. Cela condamne un parent à attendre à proximité que son mouflet ait terminé sa partie dans une atmosphère de bruits particulièrement agressive, le tout multiplié par deux quand on a le malheur d’être dimanche. Mais Olrik the 3rd était tellement et fier de faire ses toutes premières parties (au précédent voyage il s’était contenté de regarder jouer le grand frère), que je l’observai patiemment mettre au point sa stratégie pour latter du méchant :

Pour ceux qui ne connaîtrait pas, c’est LE jeu d’arcade pour les shonen boys. Il se joue avec des cartes qui représentent des personnage de la série. On les dispose sur l’écran-table (c’est la nouveauté, il y a un an, c’était juste un plateau) et Ô surprise ! ils apparaissent sur l’écran du haut. Le joueur peut alors affronter une troupe d’adversaires en changeant les cartes de place pour effectuer de savants tours tactiques afin d’augmenter la puissance de son équipe, et en appuyant au bon moment sur un gros bouton pour être sûr que les coups envoyés fassent le plus de dégâts possibles.  Simple, précis, efficace, addictif. Bref, japonais.

Quinze minute de tumulte plus tard, direction le rez-de-chaussée. A la boulangerie, une pancarte me rappela que j’allais découvrir les joies d’Halloween au Japon…

… tandis qu’une autre indiquait qu’attention ! le Beaujolais nouveau, c’était pour bientôt !

Le cocktail zombie et gros pif promettait d’être explosif.

De l’humidité du typhon à l’humidité houblonnée

C’en était tout pour la première incusion à Aeon. L’après-midi, direction le centre-ville. La Delta Force se scinda en deux : Madame et Olrik Jr allèrent à la librairie Tsutaya tandis que j’emmenai Olrik the 3rd redécouvrir les plaisir du sento à l’Aceland. J’ai déjà raconté les plaisirs du lieu, je ne vais pas m’appesantir. L’endroit était toujours aussi relaxant et vivifiant, mais j’avoue que faire le combo sauna + bassin d’eau froide a été plus intimidant cette fois-ci. Autrefois j’y allais façon samouraï de l’ère Edo. Choc thermique de l’extrême ? Rien à cirer, j’étais un putain de dur ! Là, avec le petit air frais automnal, ça ajoutait en difficulté. Prudemment, je me contentai d’immerger les cannes, on ferait mieux plus tard.

Regaillardis, nous rejoignîmes Madame et le grand frère à Tsutaya. Fatalement, nous retrouvâmes ce dernier à l’étage, là où se trouvaient les rayons mangas mais aussi ceux des jeux vidéo. Tout à son excitation de bientôt posséder la Switch, il explorait soigneusement le rayon consacré à cette console afin de fantasmer sur les jeux qu’il se promettait bien d’avoir dans un proche avenir.

De mon côté, je fantasmai un peu sur ça :

Un jeu PS4 qui allait sortir, un cross over entre l’univers d’Hokuto no Ken et le système de jeu de l’excellente série des Yakuza. Depuis la PS2 j’avais tenu bon, j’avais toujours résisté à l’envie de me procurer la PS3 et la PS4 mais là, tenir le coup en 2018 promettait d’être duraille.

Pendant que tout le monde continuer de bouquiner à la librairie, je m’extirpai de Tsutaya pour me faire un petit quart d’heure de ballade en solo dans les rues du centre. Ambiance aussi lugubre qu’irréelle. Les restes d’un typhon avaient fait leur œuvre. Ici des vélos renversés sur un parking…

… là des enseignes lumineuses essayant péniblement de donner signe de vie au milieu de magasins fermés et d’une absence d’animation qui contrastait avec la frénésie de l’Aeon.

De quoi refroidir les ardeurs et se dire que le Japon durant l’automne, ça n’allait pas être la joie. Mais c’était sans compter sur les ressources de la belle-famille qui, puisque nous étions depuis la veille entièrement réunis, avit projeté d’offrir un resto dans un établissement spécialisé dans le shabu shabu. Le temps de rentrer et de repartir tous les six afin de se remplir la panse (prélude à qui allait devenir la norme durant quinze jours), je me retrouvai ainsi face à une couleur que je connaissais par cœur…

Ainsi qu’une multitude d’ingrédients qu’il fallait disposer dans un plat séparé en deux compartiments (un pour le shabu shabu, l’autre pour le sukiyaki). J’ajoute que nous disposions d’une bonne heure afin de commander à volonté (excepté les boissons qu’il fallait payer en sus) tous les plats désirés :

Assez vite je fus gagné par cette sensation de bien être consistant à remplir l’estomac de tout plein de saines choses tout en détendant l’esprit avec force rasade de bière puis de shochu. La mauvais temps dehors n’avait alors plus d’importance. Décidément, le Japon l’automne, finalement ça promettait.

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