Olrik’s Fabulous Weekly Shinbun #2 : Roman porno reboot, nouvelles éditions de la Nikkatsu, un Bosniaque au Japon et décès d’une JAV idol

Je reconnais, cette gazette hebdomadaire est totalement du foutage de gueule puisque, non contente de paraître comme bon lui semble (trois mois écoulés depuis le précédent numéro), elle offre des infos qui, loin d’être de la première fraîcheur, sentent au contraire le faisandé. Après, j’ai pour circonstance atténuante un voyage au Japon qui m’a paradoxalement un peu coupé de l’actualité culturelle nippone et puis, je me dis que si l’on met de côté certains lecteurs plus éclairés que moi, je ne dois pas non plus être le seul à découvrir sur le tard ces informations. Bref, c’est parti pour ce deuxième numéro du Olrik’s Fabulous Weekly Shinbun et, histoire de le commencer en fanfare, je dégaine ceci :

CINÉMA

roman porno reboot

Bonne nouvelle : on y voit enfin un peu plus clair avec le Roman Porno Reboot, ce projet de la Nikkatsu visant à produire cinq nouveaux roman porno sous la direction de 5 réalisateurs connus, les contraintes étant d’avoir une scène de sexe toutes les dix minutes environ, de garder le format 70-80 minutes propre au roman porno original et de tourner chaque film avec un budget limité et en moins d’une semaine (là aussi chose habituelle pour le genre), le tout pour une sortie sur grand écran puis une diffusion via SKY PerfecTV. Projet alléchant mais la prudence restait de mise tant on se rappelle peut-être de la décevante tentative de résurrection du genre tentée par la Nikkatsu en 2010 avec deux remakes molassons (Appartment Wife : Afternoon affair et From the back, from the front).

Là, avec ce reboot, c’est tout de suite plus alléchant du fait du choix des cinq réalisateurs qui se sont adonnés à l’exercice de style. Jugez plutôt : d’abord Isao Yukisada, connu entre autre pour A Day on the planet, film attachant et lent pas franchement porté sur les galipettes. D’un autre côté (et c’est dans l’ensemble une caractéristique des cinq réalisateurs retenus par la Nikkatsu), l’homme a été capable de réaliser des films ayant touché une large audience (ainsi Go ou encore Crying out of love in the center of the world). Pas évident donc d’imaginer ce que peut donner son Aroused by Gymnopedies inspiré par la musique de Satie.

Nul film érotique non plus pour Kazuya Shiraishi qui s’est illustré avec un thriller à succès (Devil’s Path) et cette année avec Twisted Justice, un film de yakuza. Son roman porno, intitulé Dawn of the Felines, est inspiré par un film de Noboru Tanaka, Night of the Felines.

Des cinq réalisateurs, Hideo Nakata est celui qui a le plus été en contact avec l’esthétique roman porno. Ayant été l’assistant de Masaru Konuma et ayant réalisé un film hommage au genre (Sadistic and Masochistic), il s’est promis, dans son film sur une histoire de lesbiennes (White Lily), de mettre en oeuvre ce qu’il a appris du maître lors d’un tournage d’un de ses films, Lesbian World. Pour rappel s’il en était besoin, Nakata est surtout connu internationalement pour être le réalisateur de Ring et de Dark Water, films là aussi aux antipodes de l’érotisme. Dernièrement il s’est un peu perdu dans des films assez peu intéressants, difficile donc d’imaginer à quoi s’attendre de la part de cet homme qui a travaillé avec l’un des dieux du roman porno.

Concernant Akihiko Shiota, s’il a pu réaliser en tout début de carrière un film érotique DTV, force est de reconnaître que son oeuvre (Harmful Insect, Gips, Moonlight Whispers ou Canary) illustre avant tout un certain cinéma indépendant aux thématiques très différentes de celles d’un film érotique. Il n’en demeure pas moins que Wet Woman in the Wind, là aussi comme un hommage à un ancien roman porno (Lovers are wet de Kumashiro) est alléchant. L’intrigue relatera les mésaventures d’un acteur de théâtre qui aura toutes les peines du monde à se défaire d’une jeune fille envahissante, jouée par une ancienne race queen, Yuki Mamiya. L’actrice a notamment été aperçu dans Sweet Whip (elle joue le personnage de Dan Mitsu lorsqu’il est âgé de 17 ans), Hello, my dolly girlfriend ou encore Torture Club. Quelques screens ont été diffusés :

Wet Woman wind 1Wet Woman wind 2 Wet Woman wind 3Wet Woman wind 4

La performance de l’actrice est-elle aussi excellente que semblent l’affirmer certains privilégiés ? Pour le savoir, ce n’est pas difficile, il suffit de se rendre lundi à l’Etrange festival afin d’assister à une projection ! Eh oui, au cas où vous ne le sauriez pas, deux des cinq films du reboot sont en effet en compétition pour le festival à partir d’aujourd’hui. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, apprenez que le deuxième n’est autre que…

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Antiporno, par un certain Sion Sono !

Le pitch : Kioko, star de la mode, s’ennuie dans son appartement en attendant son rendez-vous avec Watanabe, une rédactrice en chef chargée de l’interviewer. Dans le jeu de domination et d’humiliation entre elle son assistante, les rôles vont peu à peu s’inverser. À moins que tout ça ne soit fictif ?

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Commentaire sur le site de l’Etrange festival : « Très bonne cuvée du stakhanoviste Sono Sion avec Antiporno, commande de la Nikkatsu pour relancer ses Romans Porno, que l’auteur transforme en exercice personnel et métaphysique. Dans la lignée de Why don’t you play in hell? et TAG, Antiporno apparaît comme une relecture fantasmatique de Perfect Blue, à l’inventivité hallucinante et aux nombreuses grilles de lecture tant sur le genre que sur le medium cinéma ou la sexualité féminine. » Certes, la référence à Why don’t you play in hell ? m’a fait tiquer, mais comme tout de suite après sont évoqués l’excellent TAG et Perfect Blue, je me dis que le film concocté par le père Sono doit valoir le coup d’œil, d’autant que dans le rôle principal on aura peut-être reconnu la gironde Ami Tomite, vue dans the Virgin Psychics. Comment ? Vous ne vous en souvenez plus ?! Bon, vu le nombre de boobs et de bikinis apparaissant dans le film, je puis comprendre. Pour info, elle jouait la fille à lunettes qui lève une armée de bijins pour affronter le héros et ses potes espers :

C’est bon là ? Vous la remettez ?

Bref, n’en jetez plus, on l’aura compris : la cuvée Roman Porno reboot promet et on espère déjà qu’une autre suivra.

DVD / BLURAY

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Pour ceux ne pouvant se rendre à l’Etrange festival et désespérant à l’idée de devoir attendre avant de pouvoir mater les films, signalons qu’ils peuvent toujours se procurer quelques trésors de la vague de rééditions roman porno que la Nikkatsu concocte depuis le mois d’avril. Au programme prix tirés vers le bas, éditions DVD de films qui n’avaient pas encore eu les honneurs du numériques et surtout sorties bluray de différents titres parmi lesquels She Beast Market, She Cat, Assault : Jack the Ripper, films déjà édités en DVD, mais aussi quelques inédits. Déçus par l’ancienne collection de Wild Side (mais qui avait le mérite d’exister, c’est vrai) ? Il va peut-être falloir songer à mettre des brouzoufs de côté.

SPORT

Tout cela fait beaucoup de rose. Quittons cette couleur pour une autre : direction le vert des terrains de foot ! Et là, c’est un peu honteux que j’amène une info toute moisie car datant du mois de mars dernier. Mais que voulez-vous, mon intérêt pour le foot étant ce qu’il est, c’est-à-dire parfaitement aléatoire, il m’arrive souvent de passer à côté d’infos intéressantes. Bref, foin de mea culpa, regardez attentivement la couverture de ce tabloïd :

Flash-Vahid

Euh, pas uniquement ce qu’il y a sur la droite.

Je n’insiste pas, je crois que vous avez repéré et peut-être reconnu l’intrus, le seul à arborer sur la couv’ une vilaine bobine, je veux bien sûr parler de cet homme :

Halilhodzic Vahid

(Nantais d’origine je ne résiste pas à insérer cette belle image panini)

Pourquoi sa présence en couverture d’un tabloïd ? Tout simplement parce qu’il entraîne depuis le mois de mars l’équipe masculin du Japon ! Oui, c’est « coach Vahid » (souvenez-vous des sketchs des Guignols) à qui va dorénavant la lourde tâche de mener les Blue Samurai au sommet et je me régale d’avance de suivre leurs prochains matchs. Les Allemands ont Joachim Low qui fait des choses dans son pantalon, les Japonais ont un coach explosif à l’opposé de la réserve nippone. Voilà qui promet de belles scènes sur le banc de touche avec notamment de beaux gestes techniques :

À ne pas rater si vous avez l’occasion de suivre les exploits des Samurai.

NÉCROLOGIE

Ce n’est pas de gaieté de cœur que j’ouvre cette rubrique mais impossible de faire autrement puisque nous avons appris il y a quelques jours la tragique disparition d’Akane Hotaru, alias « the shiofuki queen », le shiofuki étant comme chacun sait l’art pour une femme de reproduire les chutes du Niagara avec une partie de son anatomie. L’AV, nous en parlons ici surtout lorsqu’une actrice s’illustre dans d’autres productions (telle la douce Sora Aoi) mais enfin, comme Akane chan était une ballerine accomplie et que j’ai toujours aimé Tchaikovski, je me devais d’en parler ici. L’ex-JAV idol (très impliqué dernièrement dans des campagnes de prévention contre le SIDA) a été retrouvée chez elle sans vie par son compagnon, elle avait 32 ans.

RIP Akane, nous garderons toujours une place dans notre cœur pour ta mémorable performance dans Splash Heaven ainsi que tous ces effets spéciaux aquatiques qui nous rappelaient combien l’eau est un élément qui peut être absolument magique.

akane-hotaru

Akane Hotaru (1983-2016)

 

Pour marque-pages : Permaliens.

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