Désir de vert

parc foret 2

Mercredi 27 juillet

Je me souviens que lors de mes premiers voyages au Japon l’été, je revenais en France efflanqué mais en pleine forme, essoré de quelques kilos superfétatoires durant plusieurs semaines passées à crapahuter en pleine chaleur. A quarante berges maintenant, cette période paraît bien loin. Avec ce que je mange et siffle le soir, je suis sûr que ce n’est pas une baignade dans la mer l’après-midi avec les enfants qui va me permettre d’être un peu plus affûté. Or, j‘aime ça moi, profiter des vacances pour revigorer le corps avant de retrouver la cadence monotone du boulot. Pour le moment je lui ai offert les délices du sento/onsen, la deuxième étape est maintenant de le remettre un peu à l’épreuve. Le genou gauche et son ménisque vont mieux, je puis maintenant songer à reprendre les baskets afin de faire quelques footings aux aurores. Autre circonstance motivante : l’arrivée imminente de Madame à laquelle je n’ai pas envie de montrer un corps bedonnant du fait d’une surconsommation de boissons frelatées, mais un corps bien taillé, aux mollets finement dessinés et aux bras vigoureux qu’elle sera fière de tenir lorsque nous nous promènerons ensemble. Du coup tout les matins, c’est un peu ça :

… dans une moindre mesure évidemment (mais juste un peu).

En fait j’avais déjà tenté des essais de footing au Japon mais sans succès. Les dernières fois c’était dans le quartier familial, je m’étais dit que courir dans ce réseau de rues minuscules pouvait avoir du charme. Et  puis en fait non, pas tant que ça. Dès 8 heures, ça cogne méchamment, et courir sur le bitume, sans arbres à proximité, n’est pas mon truc. Aussi a-t-il fallu cette année revoir les plans. Comme se réveiller comme une rose à six heures ne me pose pas de problème ici (chose impensable en France), je jaillis du futon pour enfiler un short, un débardeur et ma paire d’Adidas afin de me rendre à un petit temple à cinq minutes en voiture :


Le temple se trouve sur la droite. Quand elle est au Japon, ma douce à l’habitude de s’y rendre. C’est un peu le temple qui a son dévolu, l’apparence, le cadre, les couleurs, il y a là de bonnes vibrations qui lui permettent de donner à son recueillement d’un instant une certaine plénitude :

panorama temple

Petite note technique au passage : la fonction panorama du GX 80 est totalement efficiente.

Un peu plus loin, à une petite centaine de mètres, se trouve un parking :

Et là, les choses sérieuses commencent. Je m’y gare, fais quelques étirements, et commence alors le footing dans un lieu tenant autant de la forêt que du parc aménagé. Aménagé parce que l’on y trouve quelques jeux pour le enfants et les sentiers sont goudronnés. Mais c’est un aménagement à la Japonaise, qui cherche à trouver un équilibre entre un façonnement de la nature pour être agréable à l’homme, et une manière de laisser malgré tout la nature agir à sa guise. Ainsi ce petit arbre que je suis à chaque fois charmé de croiser sur mon chemin :

parc foret 1

Que s’est-il passé ? Ceux qui ont coulé le bitume ont-ils décidé de l’épargner, touchés par sa forme  étrange, ou celui-ci a-t-il réussi à percer l’asphalte pour, dans une volonté de puissance toute nietzschéenne, survivre envers et contre tout ? Impossible à dire. Dans tous les cas on voit beaucoup au Japon de tels arbres. A quelques rues de notre maison, je ne manque jamais, lorsque je fais des promenades alentours, de passer devant cet autre cas :

arbre quartier

Bitume devant, façade derrière, rien à foutre, ce petit arbre a décidé que le coin était parfait pour lui et il a l’air de bien se porter.

Bref, on aura compris qu’entre courir dans un quartier populaire et parmi ces arbres biscornus, la deuxième solution est définitivement la meilleure. Au moins on est un peu plus la fraîche et la compagnie de ces arbres vaut mieux que les voisins dans leurs bagnoles se rendant au boulot. Et si le rythme est encore hésitant, plus vraiment habitué que je suis à tenir la cadence de plusieurs dizaines de minutes sans m’arrêter, ce n’est pas si grave, les courtes pauses que je m’octroie en marchant ont toujours lieu lorsque je vois apparaître ceci :

panorama temple 2

… ou cela :

parc foret 4

… et à la fin de cette heure sportive, je remarque avec satisfaction que malgré la fraîcheur matinale et les quelques minutes de marche qui ont émaillé le parcours, je dégouline de sueur, suscitant l’amusement des quelques promeneurs que je croise. À cette heure pas de bijins en basket pratiquant leur footing, juste des corbeaux, des bestioles :

parc foret 6

… ainsi que des petits vieux promenant leur minuscules chiens ou des couples bienveillants de sexagénaires, à la fois surpris et amusés de voir un gaijin tout ruisselant en train de courir. A chaque fois j’ai droit à un chaleureux « ohayo gozaimasu », mots auxquels je mets un point d’honneur à répondre avec la même affabilité. A la fin il n’y a plus qu’à marcher tranquillement et à se désaltérer au robinet à côté du toboggan :

parc foret 5

…puis à remonter dans la voiture pour prendre une douche à la base. Sur le chemin une petite halte devant ce qui m’attend l’après-midi avec les enfants :

panorama plage

Allez, quelques centaines de mètres à la nage et je serai au top pour aller cueillir ma dame à l’aéroport.

aeroport arrivee

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4 Commentaires

  1. Très bien ! Tu sembles avoir trouvé le meilleur moment pour rejoindre les bras du footing 🙂 Quant à la fonction « panorama » du GX 80, elle s’apprécie également lorsqu’on découvre l’anse ensablée où se baignent, si je me souviens bien, Circé et Calypso ?

    • Tu ne crois pas si bien dire, j’ai l’idée d’utiliser sa fonction panoramique au plus près de la baignade. Malheureusement, comme la plage est l’ennemie de ce type de délicate mécanique, j’avoue ne pas l’avoir apporté avec le sac de plage, devant surveiller continuellement à la baille Olrik the 3rd. J’attends que Madame nous accompagne, là les choses sérieuses pourront commencer.

  2. Et pour des désirs de verres, tu as de bonnes adresses ?

    • J’ai enfin pu me rendre à la Jetée, à la Golden Gai. Sympa mais avec le recul le souvenir ne me semble pas impérissable.En fait je crois que je préfère tout simplement m’enquiller des verres à la maison, seul ou avec le beau-père.

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