Drama Express #4 : Hiroshi Abe en force !

Un fil conducteur pour choisir ses dramas parmi la pléthore qui existe : regarder ceux où l’on trouve un acteur ou une actrice que l’on apprécie particulièrement. Si le visage d’Hiroshi Abe vous est familier et agréable, il y a tout lieu de penser que les dramas du jour sauront vous plaire…

 

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dragon zakura

Dragon Zakura (TBS – 2005)

Rien ne va plus pour le lycée Ryuzan, un des plus mauvais de Tokyo : couvert de dettes, il risque de devoir fermer ses portes à la fin de l’année scolaire. Avocat envoyé pour officialiser la fermeture, Kenji Sakuragi trouve néanmoins un moyen pour peut-être relancer l’avenir de l’établissement : créer une classe préparatoire permettant de passer le concours d’entrée de Todai, la plus prestigieuse université japonaise. Problème : les élèves de Ryuzan sont particulièrement mauvais…

Vu peu de temps après l’horrible version drama de GTO, j’avais à l’époque rapidement abdiqué, encore contaminé que j’étais par le médiocre Takashi Sorimachi et son interprétation d’Onizuka. Bien des années après je le vois sans déplaisir. Certes, la vision du savoir qui y est donnée n’est guère folichonne puisqu’il s’agit essentiellement d’un savoir utilitariste fait de bachotage qui va transformer de petits singes en merveilleux étudiants todaiesques. Que feront-ils lorsqu’ils auront le métier de leurs rêves ? Continueront-ils à enrichir leur esprit ? En dehors de la jeune Kosaka qui avoue qu’étudier lui est devenu un besoin dans son quotidien, mystère. Peu importe en fait. On est dans la plus pure tradition du nekketsu amenant les personnages à se sublimer pour atteindre un but. Il s’agit ici autant d’enrichir son esprit que d’acquérir les techniques, les astuces permettant de réussir un concours d’entrée. L’intrigue distille progressivement son lot d’étapes permettant aux protagonistes de devenir à chaque fois un peu plus forts et l’ensemble se regarde encore une fois avec un certain plaisir.

Abe est bon dans le rôle de ce super prof froid, autoritaire, en apparence imbuvable mais évidemment touché intérieurement par ces jeunes esprits encore bouffés par les affects de leur âge, et les autres jeunes comédiens parviennent finalement assez bien à rendre sympathiques leurs personnages stéréotypés.

7/10

 

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shiroi haru

Shiroi Haru aka White Spring (Fuji TV – 2009)

Sakura Haruo sort de sa neuvième année en prison pour avoir assassiné un chef yakuza. Il a laissé derrière lui une femme malade qui a refait peu après sa vie avec un boulanger avec lequel elle a eu une petite fille, Sachi. Cela, c’est un ancien ami yakuza qui le lui apprend. Suspectant que l’argent récolté par l’assassinat du yakuza ait été détourné de son but premier (il était destiné à payer une opération à sa femme) pour permettre la construction de son commerce de boulanger, il se rend à la boulange, bien décidé à récupérer son dû. Mais très vite, il s’aperçoit que cette petite fille n’est peut-être pas celle qu’il croyait. Tout porte en effet à croire qu’il s’agit de sa propre fille. Commence alors un curieux exercice de style : devnu employé à la boulangerie, Haruo va côtoyer et se faire aimer de sa petite fille, tout en s’efforçant de ne rien révéler sur le lien qui les lie…

shiroi haru personnages

Un mélo, oui, mais un mélo de qualité, porté par un Abe impassible et un Endo Kenichi en père adoptif farouchement protecteur mais ne pouvant non plus s’empêcher de ressentir de la sympathie pour cet homme qui s’est lamentablement sacrifié pour l’amour de la femme qu’il aimait. C’est donc une guerre des pères à laquelle le drama nous convie. Guerre tout d’abord sordide, Haruo suspectant le boulanger d’avoir utilisé malhonnêtement l’argent, et ce dernier voyant l’ancien yakuza comme un fauteur de troubles ne cherchant qu’un prétexte pour lui extorquer de l’argent. Peu à peu les deux hommes vont apprendre à se connaître, à s’apprécier et même à avoir de l’estime l’un pour l’autre.

C’est tout un cocktail de bons sentiments donc, mais le tout est servi avec un humour qui contribue à faire de cette série quelque chose d’aussi douillet qu’irrésistible. Irrésistible comme Abe et sa silhouette d’homme en noir claudiquant et destiné à porter sa croix jusqu’au bout (l’issue est assez surprenante et a totalement déjoué mes prédictions).

8/10

 

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kekkon dekinai otoko

Kekkon Dekinai Otoko aka L’Homme qui ne pouvait se marier (Fuji TV – 2006)

Shinsuke Kuwano, talentueux architecte de 40 ans, semble être plus habile pour construire des environnements épanouissant pour les autres que pour construire sa propre vie, même si ce qu’il a jusqu’à présent construit pour lui-même lui suffit amplement. D’une arrogance de tous les instants, l’homme se plait en effet à mener sa vie comme il entend, c’est-à-dire rester seul dans un appartement bien rangé et immaculé, se cuisiner d’exquis petits plats et écouter des œuvres symphoniques sur sa platine dernier cri tout en se donnant l’illusion qu’il en est le chef d’orchestre. Bref, toutr va bien pour lui finalement mais un soir, alors qu’il est pris d’une terrible douleur à l’estomac et qu’il est amené aux urgences par sa voisine, il rencontre le docteur Natsumi Hayasaka. La quarantaine comme lui, d’un caractère aussi bien trempé… et célibataire.

On est sur le vieux motif du couple que tout oppose et qui justement à cause de cela est fait pour s’entendre. Tout le long des 12 épisodes on se délecte donc des paroles aigres-douces que les personnages s’échangent tout en se doutant que l’issue sera inéluctable : ces deux-là finiront bien par se marier (même si l’évocation du happy end se fait en deux temps et d’une manière joliment métonymique). Pour inciter malgré tout le spectateur à suivre une histoire dont l’issue est connue à l’avance, il fallait un bon casting général et surtout deux acteurs formant un couple parfait, à la fois drôle et touchant. Ici, impossible de faire mieux que le duo Hiroshi Abe – Yui Natsukawa, et il n’est pas excessif d’imaginer que Kore-Eda les aient vus dans le drama et qu’il ait été incité à les choisir pour Still Walking.

On se délecte donc à chacune des apparitions du couple et surtout on se délecte de l’interprétation par Abe de son personnage. Si on vous demande un jour de donner un exemple de personnage de vieux gars porté à l’écran, ne cherchez pas, c’est Hiroshi Abe qu’il conviendra de citer en premier.

L’excellent thème associé au personnage principal. 

Moi qui n’ai été jusqu’alors jamais convaincu par les prestations comiques d’Abe au cinéma, impossible ici de ne pas sourire devant cette foutue tête à claques satisfaite d’elle-même. D’une culture à toute épreuve (à côté du classique, on apprend par exemple qu’il a vu les 48 films de la série des Tora san), bien content de la déballer, méprisant ceux qui s’abaissent aux plaisirs vulgaires comme collectionner les femmes (tel un de ses concurrents architectes, mais cela ne l’empêche pas d’être fasciné par les mises à jour du site internet de ce rival et surtout d’emprunter – enfin, essayer d’emprunter, vous verrez pourquoi – des DVD d’AV) et refusant surtout d’admettre l’évidence : cette femme en blouse blanche qui se fout régulièrement de sa gueule lui plaît. Kekkon Dekinai Otoko, c’est véritablement le drama familial à son meilleur.

9/10

 

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mouchoir jaune

Shiawase no kiiroi hankachi aka Le Mouchoir jaune (NTV – 2011)

Shima Yusaku sort de prison et se rend à Hokkaido pour y retrouver, peut-être, celle qu’il aimant avant d’avoir été incarcéré. Peut-être car sans nouvelles d’elle, il a peur de se confronter une réalité désespérante, à savoir tomber sur une femme qui aurait refait sa vie avec quelqu’un d’autre. Sur sa route, il rencontre deux jeunes gens encore à leur éveil amoureux qui vont l’aider à surmonter sa crainte…

Les amateurs de Yoji Yamada auront bien sûr reconnu l’histoire qui a montré à l’écran en 1977 un fabuleux couple : Ken Takakura et Chieko Baisho. Nous sommes donc en présence d’un remake sous forme de téléfilm qui, sans être indigne, est tout de même un peu décevant. Sans doute soucieux de retrouver la magie de Kekkon dekinai Otoko, NTV a choisi d’utiliser à nouveau le couple Abe / Natsukawa. Cela fonctionne, mais moins que pour Kekkon dekinai Otoko et surtout sans comparaison possible avec le duo Takakura/ Baisho. Même chose pour les deux jeunes protagonistes, avec notamment un Kinya Hanada assez horripilant dans le rôle du jeune homme. On l’aura compris, l’original est largement à préférer à la copie.

5/10

mouchoir jaune drama mouchoir jaune original

 

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Un Commentaire

  1. Je savais bien que tu aimerais « Kekkon Dekinai Otoko »… Dans mon top 3 dramas.

    Comme tu le dis, le talent comique de Hiroshi Abe qui passe très bien à la télévision n’est pas utilisé correctement sur grand écran, c’est dommage (je pense à « Thermae Romae », sur le papier il collait bien au rôle, mais ça ne fonctionne tout simplement pas.)

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