Drama Express #2 : Dos Deka, Shitamachi Rocket et Suteki na sen TAXI

dos deka

DoS Deka

Pas de bol pour Shusuke Dankanyama : ce jeune flic doit faire équipe avec Maya Kuroi, inspectrice bien connue pour son caractère difficile et son goût pour faire souffrir les criminels. Elle se déplace toujours avec un fouet (qu’elle utilise au moins une fois par épisode) et une arrogance bien prononcée en bandoulière qui lui fait dire toutes les quinze minutes sa phrase fétiche :

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Tu es crétin ?

On le sait, depuis Holmes et Watson le duo d’enquêteurs que tout oppose a largement fait ses preuves. On retrouve donc la recette dans Dos Deka avec cette miss sadique et son candide de partenaire. Si certains épisodes n’excluent pas une certaine gravité, le ton est essentiellement humoristique. Le dosage m’a paru agréable, plus appréciable en tout cas que le pénible Sherlock et sa propension à déverser une auto-parodie constante et fatigante.

J’ai par ailleurs apprécié de voir comment les deux personnages principaux n’étaient pas cantonnés à un rôle. Daikanyama dépasse son apparence de débile profond et parvient à malicieusement titiller l’amour propre de Maya Kuroi. Quant à cette dernière, il est amusant de voir combien cette apparence quasi granitique de femme sérieuse et impassible s’effrite à la moindre contrariété. C’est un des petits plaisirs du show : voir le petit minois mutin de Mikako Tabe s’animer pour un oui ou pour un non d’une multitude d’expressions. Ici un sourcil froncé, là une moue enfantine ou un rictus sardonique.

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Dos Deka est une petite série policière agréable, pas révolutionnaire mais encore une fois bien conçue dans ses intrigues, son dosage d’humour et par ses personnages plutôt bien campés.

3/5

+

– Tabe Mikako et sa palette d’expressions.

– les relations aigres-douces entre Maya et son adjoint.

– Des histoires parfois bien barrées.

– Si l’humour peut servir d’excuse, on peut regretter que le personnage de Maya n’ait pas davantage été creusé.

– Le sadisme du personnage est bien gentillet.

dos deka personnages

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Shitamachi Rocket

Shitamachi Rocket

Kohei Tsukuda est un ingénieur qui a repris l’entreprise de son père spécialisée dans la fabrication d’objets de très haute technologie. Parmi ses chefs d’oeuvre, une petite valve destinée à être intégrée au moteur d’une fusée spatiale. Malheureusement, après l’explosion d’une fusée à cause de cette pièce, Tsukuda se retrouve au bord de la faillite. Les banquiers le considèrent comme de la merde et un ignoble concurrent copie sans scrupule la fameuse valve. Il refuse d’ailleurs de rester sur un échec. Bien décidé à poursuivre son rêve spatial, Tsukuda est bien décidé à améliorer sa valve pour la proposer à un ambitieux programme spatial de la Teikoku Heavy Industries…

Shitamachi Rocket, c’est un peu l’étoffe des héros mais cette fois-ci du côté des mécanos. A priori moins séduisant et pourtant, je serais bien hypocrite en disant que je n’y ai pas trouvé le moindre plaisir à cette histoire où foisonnent ingénieurs, banquiers, avocats, scientifiques et entrepreneurs de haute volée.

Shitamachi Rocket personnages

Précisons que si on est réfractaire aux bons sentiments, on risque de méchamment souffrir au visionnage. Car si les personnages masculins sont des durs, ils le sont aussi par leur manière de montrer leurs affects par une voix rugissante et des yeux perpétuellement rougis par les larmes. Loyauté et dévouement envers le shacho (le patron), le tout avec moult ganbaro, tel est le quotidien de ces admirables employés qui n’hésitent pas à faire des heures sup’ toute la nuit sans avoir l’audace de demander une augmentation, et encore moins d’en parler à leurs syndicats (de toute façon absents de l’histoire). A tenter surtout si, comme moi, vous avez un faible pour Hiroshi Abe.

3,5/5

+

– Hiroshi Abe en chef d’entreprise.

– Grosse classe de Koji Kakkawa en costard cravate.

– La série est conçue suivant deux arcs de 5 épisodes chacun. Ça permet de tenir facilement la longueur.

– J’eusse aimé un personnage franco-japonais de représentant syndical.

– Si pour vous bons sentiments et ridicules vont de pair, vous allez souffrir.

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Suteki_na_Sen_TAXI

Suteki na sen TAXI

Dans la vie, c’est bien connu, il y a des hauts et des bas. Mais il y a aussi des moments où il faut faire des choix qui peuvent avoir des conséquences cruciales sur le reste de votre vie. Les personnages du drama en font l’amère expérience un jour. Mais le hasard fait que dans leur malheur ils tombent sur un bien étrange taximan. Moyennant une somme rondelette, cet homme, grâce à son véhicule, leur permet rien moins que de revenir dans le passé juste avant où un fâcheux choix a été fait. Génial, sauf que modeler sa vie en rejouant une partie comme un simple jeu vidéo s’avère particulièrement délicat…

J’ai me beaucoup celui-ci. D’abord parce que Yutaka Takenouchi en taximan moustachu a la classe (les chauffeurs parisiens peuvent d’ailleurs essayer de s’aligner, ça ne leur fera pas de mal). Ensuite parce que l’on retrouve à l’épisode 5 la pulmonée Maya Koizumi (souvenez-vous). Enfin parce que chaque intrigue, avec ses multiples retours en arrière pour essayer d’améliroer les choses, est parfaitement menée. Cela pourrait être lassant au bout d’un certain nombre d’épisodes mais les scénaristes ont habilement su varier les situations pour empêcher tout sentiment de redite. Mention spéciale à l’épisode de l’employé viré qui tombe sur un billet de loterie gagnant et qui va tout faire pour le valider avant la date buttoir.

4/5

+

– Le propos, simple mais efficace.

– l’interprétation sobre et amusante de Yutaka Takenouchi.

– Des rebondissements qui relancent les flashbacks de manière ludique.

– Maya Koizumi largement sous-exploitée dans l’épisode 5 !

suteki na sen taxi personnages

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7 Commentaires

  1. Je ne sais plus si tu as déjà vu l’excellent « Kekkon Dekinai Otoko » ?

    • Non mais je prends note. Mon intérêt pour les dramas est très fluctuant mais là, je ne regarde quasiment que ça en ce moment. Et avec « Vinyl, « Vikings » (saison 4) et Better Call Saul (saison 2) qui arrivent ce mois-ci, il ne va pas y avoir beaucoup de chroniques ciné en ces pages…
      J’avais vu sinon quelques épisodes de Dragon Zakura, toujours avec Abe. A l’époque ça ne m’avait pas marqué plus que ça, madame un peu plus, elle était allée jusqu’au bout. Mais ton Kekkon Dekinai Otoko a l’air sympa, je vais essayer de voir ça.

      • « Dragon Zakura », je n’ai pas dépassé l’épisode 2 (un énième « GTO » bis).

        « Kekkon… », je suis sûr que tu peux adorer autant que moi. C’est dans mon top 3 drama, à l’aise.

        • « (un énième « GTO » bis). »
          C’était un peu la réflexion que je m’étais faite, même si Abe avait moins ce côté tête à claque que l’acteur principal de GTO (et rendait le visionnage de Dragon un peu plus supportable).
          En ce moment j’essaye « Fragile », énième drama se passant dans le milieu hospitalier. J’en suis pour l’instant au 2ème épisode, ça se suit sans trop de déplaisir.

        • Je viens de voir le premier épisode de Kekkon et ouais, c’est effectivement très plaisant. Possible que j’enchaîne rapidement avec la suite.

  2. Une éternité que je n’avais pas posé mes groles ici. Depuis feu Drink Cold. Il est plaisant de voir que ce cher Olrik continue d’abreuver son site de chroniques japanisthanaises.

    Et puisqu’on en est à parler de séries télévisuelles nippones, je me vois contraint de me confesser. Je me suis remis aux dramas depuis quelques mois. La faute à Crunchyroll.

    Je vais être grossier, mais putain, j’ai été choqué de voir les adaptations de GTO et Death Note. C’est fabuleux de voir comment l’industrie télévisuelle nippone s’en bat les couilles de l’oeuvre originale. Onizuka est devenu un con de prof façon ojisan qui te fait la morale « parce que bon, voilà, de son temps c’était autre chose ». Et putain Yagami-kun ! Qu’est-ce que c’est ce random gakusei de merde qui passe ses week-end à mater de l’idol comme un gros otaku en manque. Comment tu veux être crédible dans ces conditions. Et je ne parle même pas du jeu d’acteur qui semble s’être fait la malle à l’autre bout de la galaxie.

    Je vais pas m’étaler, mais pour rester dans le sujet de l’article, j’ai vu le premier épisode de Suteki na sen TAXI (dispo sur Crunchy) et de Shitamachi Rocket et j’ai trouvé ça mouais pour le moment. A voir sur la durée.

  3. Toujours sympa de retrouver de vieux clients d’une buvette de glorieuse mémoire. Ouais, on continue les chroniques japanisthanaises, parfois sérieuses, parfois potaches, toujours avec la même envie.
    Pour GTO et Death Note, franchement, tu as pris un gros risque. J’ignore combien en pourcentage les dramas sont issus de mangas mais d’expérience, il faut fuir les adaptations de shonens à succès. GTO, j’ai arrêté au bout de 3 épisodes, Death Note, l’expérience du visionnage d’un des films m’a suffi, j’ai même pas cherché le drama. Il vaut mieux parier pour les adaptations de mangas plus confidentiels ou comprenant des personnages moins typés, on est autrement souvent déçus.
    Patiente pour Suteki na sen TAXI, j’ai vraiment trouvé qu’il y avait d’excellents épisodes. Pour Shitamachi Rocket, bon, c’est un peu un trip, j’avoue, mais persiste jusqu’à la fin du 1er arc, c’est-à-dire à l’épisode 5. Si la voix rauque d’Abe, l’amitié limite homo-érotique avec Zaizen ne te convainquent pas, laisse tomber.

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