Tora san 16 : Tora san, the Intellectual (Yoji Yamada – 1975)

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Après avoir vu débouler dans le magasin  familial la fille d’une femme qu’il a connue et secourue 17 ans plus tôt, Torajiro voit la nièce du prêtre du quartier s’installer à une chambrette au premier étage pour pouvoir y étudier tranquillement. Il s’agit de Reiko, universitaire archéologue qui a tôt fait de le convaincre à se mettre sérieusement aux études.

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(男はつらいよ 葛飾立志篇 – Otoko wa Tsurai yo: Katsushika Risshihen)

A deux jours du réveillon de Noël, se mater un Tora san est forcément de saison. Pour rappel, les films composant la plus longue série au cinéma avec un personnage joué par le même acteur (49, excusez du peu), sont sortis, de 1969 à 1997, à peu près tous les six mois, en août et en décembre essentiellement. Toujours le même film mais, la magie de Yamada et la figure mythique de Kiyoshi Atsumi aidant, ça reste un véritable plaisir de revoir tous ces visages amis s’aimer et s’engueuler dans cette petite échoppe de dangos. Le plaisir est un peu comme comme celui de ces petites friandises du reste. On a beau connaître, une fois de temps en temps, le plaisir parvient à être renouvelé. Et comme on n’attend pas forcément que la recette fasse preuve de nouveauté, on est toujours preneur.

Il n’en va pas autrement avec ce 16ème opus sorti le 27 décembre 1975. On commence avec la traditionnelle séquence du rêve dans laquelle Torajiro s’imagine comme toujours donner du souci à sa famille. Ici, c’est l’univers du western spaghetti qui a été choisi, avec la frangine Sakura en chanteuse de cabaret et Tora en desperado façon Django :

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S’ensuit l’histoire avec la « madonne » du film (voir explication sur cet article). Ici c’est Fumie Kashiyama dans le rôle de la studieuse archéologue à lunettes pour laquelle Torajiro va en pincer.

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Le running gag du film viendra de la volonté de Torajiro de rattraper le temps perdu en devenant quelqu’un de plus instruit. Cela passera d’abord par l’achat de lunettes, élément selon lui indispensable pour doper l’intelligence, mais aussi une manière de parler impayable et une plongée dans les livres qui sent plus l’abrutissement que la passion du savoir.

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L’évolution de l’amourette va être rythmée par les scènes de repas familiaux, les fou rires, les engueulades avec les proches (par exemple « Tako shacho », l’homme à la tête de poulpe), ou les moments de détente (ici une partie de baseball). Pour une fois, la madonne du film ne tombera pas amoureuse d’un autre homme mais le résultat sera le même : Tora partira le cœur brisé de Shibamata pour aller se le réparer ailleurs en apportant du réconfort à une nouvelle âme en peine.

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Toujours bien aidé en cela par les paysages japonais.

Difficile de noter cet opus. Il faudrait en effet être un sacré coupeur de cheveux en quatre pour détecter des différences positives ou négatives avec les autres films. Pour les fans, c’est juste le 10 assuré. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, entrez sans façons dans le magasin de dangos, écoutez les conversations, succombez à la douceur de Sakura et à la bêtise attachante de son diable de frère.

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10/10

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