The Most Dangerous Game (Toru Murakawa – 1978)

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Shohei Narumi est chargé de délivrer un homme d’affaires impliqué dans une sombre histoire politique. Il est sur le point d’y parvenir lorsqu’une balle perdue abat malheureusement l’homme en question. Malgré tout, la personne qui l’a enrôlé dans cette mission décide de lui en confier une autre : abattre celui qui est derrière le kidnapping de l’homme d’affaires. Sa route sera semée d’embûches et croisera aussi bien des mafieux que des flics véreux ou des bijins dénudées…

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最も危険な遊戯 (Mottomo kiken na yuugi)

1er volet d’une trilogie centrée sur un personnage de mercenaire nommé Shohei Narumi, The Most Dangerous Game pose les bases de la collaboration entre Toru Murakawa et son acteur fétiche Yusaku Matsuda. Et si le film peut apparaître imparfait, il faut lui reconnaître que ces bases sont déjà bien solides et attrayantes pour l’amateur de polar, avec un héros hard boiled qui va devoir frayer contre la pègre, des hommes d’affaires véreux et des flics ripoux.

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Avec un tel programme, il y aura beaucoup à dézinguer.

Les dix premières minutes donnent le ton : Shohei Narumi livre deux facettes de son personnage, l’une en faisant un loser un peu bouffon, pitoyable lors d’une partie de Mah-Jong (ou plus tard lorsqu’il s’endort entre les cuisses d’une strip-teaseuse qui lui sort le grand jeu), l’autre laissant deviner que ce gars-là, en fait il est terrible. Musculature bien dessinée, voix grave, lunettes noires, attitude toute en poses recherchées, Matsuda a su donner à son personnage une aura comme Delon a pu le faire avec ses incarnations melvillesques. On peut le trouver insupportable, il n’empêche que sa silhouette bondissant dans les moindres recoins de son terrain de jeu du moment marque l’esprit et permet, tout le long des 90 minutes, d’accrocher à une histoire pas forcément très palpitante.

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Il en va de même pour les sonorités jazzy dont le film use et abuse et qui, loin d’être répétitives et agaçantes (cela dépendra toutefois de l’humeur du moment du spectateur), donnent une agréable impression de familiarité ainsi que celle d’assister à un épisode en live (et en plus adulte) de Lupin the 3rd. Pas étonnant puisque le compositeur n’est autre que  l’excellent Yuji Ohno (Lupin mais aussi Captain Future alias Captain Flam). Musique très ancrée fin 70’s mais qui ne vieillit pas trop mal et qui donne un moelleux et une atmosphère manga à l’ensemble plutôt réussie.

Exemple de sonorités que l’on retrouve dans Execution Game.

Homme d’action à la silhouette féline et athlétique, musique de dessin animé emblématique, il ne manquait plus qu’un personnage de femme fatale pour que le film achève de se rendre intéressant. C’est Keiko Tasaka et sa petite poitrine qui s’y colle :

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Petite mais pas du tout méprisable.

… avec un personnage qui va tomber amoureux de son tueur à grosses lunettes et qui va tout accepter, y compris de se faire sauteur par lui (et y prendre évidemment un plaisir monstre) dès leur première rencontre ou bien de se prendre ici et là quelques mornifles lorsqu’elle se montrera trop pressante. Dans les films de Murakawa, on est viril ou on ne l’est pas et quand on l’est, on montre tout de suite aux mousmés qui c’est qui commande, non mais (ce qui ne doit pas non plus empêcher le le héros de montrer qu’il en pince pour sa bêcheuse à petits seins) !

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Siroter une bière tout en zyeutant négligemment la plastique de sa prisonnière attachée : ce type a la classe.

Si le héros et sa copine sont bien sexy dans leur genre, peut-être faut-il reconnaître que c’est moins le cas avec les scènes d’action qui peuvent laisser sur sa faim. Reste que Murakawa utilise une photographie très correcte pour mettre en valeur son héros plongé dans l’action, et si celle-ci paraît un peu mollassonne voire ridicule, certains plans sont là pour y remédier, ce qui compte étant moins l’originalité de l’action que ce corps glamour qui va jaillir et accaparer les regards par son aura terriblement photogénique.

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A conseiller donc pour celui qui aimerait fait une incursion dans le polar hard-boiled de la fin des seventies. La présentation des autres opus suivra dans quelques jours.

7/10

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