(the DC Archives) Douce Enbi, tu es magique

Occupé que je suis en ce moment à écrire des critiques hors Japon sur un autre site, je ne me foule pas ce W-E et réuploade un vieil article manga écrit pour Drink Cold. Au programme : magical girl, tétons dressés et références cinématographiques. On doit ce chef d’oeuvre à l’inénarrable Go Nagai, l’homme derrière Goldorak et une multitude de mangas bien souvent passablement barrés. Amateurs de bon goût, s’abstenir. Pour les autres, bonne lecture !

go-nagai

(article paru sur Drink Cold le 20 décembre 2011)

Souvenez-vous, il y a quasiment un an jour pour jour la buvette avait organisé un fabuleux Décéthon, à grand renfort de bijins habillées en mères Noël et de hardos suédois, et ce dans le but de renflouer les caisses et de nous procurer quelques CD et DVD pour alimenter Drink Cold en chroniques fraîches.

olrikmobile

J’avais même sillonné une semaine durant les routes du Groland sur ma olrikmobile pour essayer de récolter des dons ! Résultat ? Des nèfles !  Merde quoi !

Las, en fait de dons, nous n’avons récolté en tout et pour tout que 17 mails orduriers, 5 molards, 54 doigts d’honneur, 24 rots, 14 pets d’indifférence, 118 rires gras, 256 vannes, 18 cartes Pokémon et 3 petites culottes usagées (ça par contre c’était plutôt cool, merci aux généreux donateurs).

Du coup, tant pis pour vous, il n’y aura pas de Décéthon cette année. Mais comme nous sommes décidément indécrottablement bons à la buvette, nous avons tout de même décidé de marquer le coup en vous donnant un fabuleux tuyau pour les achats de Noël. Car oui, si votre petite amie apprécie les mangas, je ne vois pas d’autre solution que de lui offrir ceci :

dororon-enbi-couv

Sans doute vous dites-vous ici : tiens ? J’ai déjà vu ça quelque part ! Effectivement, vous l’avez fatalement aperçu puisqu’il se trouve dans le bibus à mangas installé dans nos gogues, coincé entre un tome de Toilet Hakase  et un autre de G-Taste. Avec une différence avec ces deux chefs-d’œuvre cependant. Autant ces derniers sont tout constellés de  taches diverses et variées, montrant par là même leur succès auprès de leurs chieurs de lecteurs, autant ce Dororo Enbi-chan est encore quasi immaculé, comme au jour de son achat au Mandarake de Shibuya, comme si cette hideuse couverture était un repoussoir à toute lecture.

Or, il en va de ce manga comme des silènes de Rabelais. Insignifiant à l’extérieur, à l’intérieur des trésors à foison ! Comment pouvait-il en être autrement lorsque l’on sait que l’auteur n’est autre que le seul, le vrai, l’unique et indispensable Go Nagai ? A une époque où la communauté otaku se tire une nouvelle fois la nouille devant une énième resucée d’Har-loque par Leiji Matsumoto (cette fois-ci en 3D, original !), il est bon d’évoquer à nouveau sur Drink Cold un vrai mangaka, de la race de ceux qui ont compris que l’art du manga n’a rien à voir avec d’ennuyeux pirates balafrés, des locomotives à la con dans l’espace ou de sordides bijins filiformes n’offrant pas la moindre possibilité de fan service, mais bien de robots géants, de mekuri, d’héroïnes généreuses et d’humour léger comme un poil de bite trouvé dans un sauternes au moment du réveillon. Leiji Matsumoto, Go Nagai, tout oppose ces deux-là. D’un côté le vieux crabe qui chie du marbre :

leiji-matsumoto

Remballe ta morgue hé, has been !

De l’autre un presque septuagénaire toujours alerte et partant pour déconner avec des cosplayeurs à des conventions :

Go Nagai 02

Ouais, et j’imagine qu’il doit y avoir un plan groupie derrière tout ça, si vous voyez ce que je veux dire… (matez-moi l’érection de Grendizer ! Chaud !)

Oui, Go Nagai est bien de ceux qui boivent frais et toujours il aura une place à part dans nos cœurs et dans notre buvette. Certains ironiseront sans doute que cette « place à part » se résume pour l’instant à un bibus dans nos chiottes. En ce qui me concerne, peu importe, je préfère amplement chier en lisant un bon manga de Go Nagai que me faire chier en lisant un mauvais manga de Leiji Matsumoto. Et puis, j’évoquais Rabelais, que ces ânes à la critique facile aillent donc lire le chapitre sur le torche-cul, ils verront combien la matière fécale n’est pas sans noblesse et peut être digne d’intérêt. Encore une fois, tout n’est qu’apparence. Si à ce moment de l’article vous en êtes encore à penser : « Quoi ? Un manga de Magical Girl ? Et puis quoi encore ?  Pourquoi pas un disque de K-pop et une carte de membre à Nautiljon tant qu’on y est ? ». C’est que vous êtes justement mûrs pour vous inscrire sur Nautiljon. Les silènes les mecs, les silènes. Prenez donc ce manga dans vos pognes, ne vous laissez pas rebuter par l’horrible couv’. Si  vous l’ouvrez, des trésors vous apparaîtront. Car en fait de Magical Girl vous n’aurez pas droit à ça :

fresh precure

Merci d’ailleurs à Nautiljon pour m’avoir procuré cette image.

Mais bel et bien à ceci :

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Traduction réalisée par mes soins, vous l’aurez compris.

Un exemple parmi tant d’autre de la grande capacité du maître à faire du neuf avec du vieux. On connait tous le vieux gag de Wonder Woman en train de se faire tringler par l’homme invisible en haut de l’Empire State Building. Eh bien Go Nagai revisite l’histoire avec…

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Dans Dororon Enbi-chan, nous somme à la conjonction de plusieurs thématiques propres à Nagai : la magical girl donc, celle du démon (Devilman), celle du graveleux  (Harenchi Gakuen, mais c’est loin d’être le prie dans ce domaine !) et celle de l’héroïne sexy (Cutie Honey). Nagai a tout foutu dans le shaker et, avant de secouer, a rajouté une généreuse rasade de cul et moult pincées de vulgarité. Le résultat est ce manga, du début à la fin débile et mal poli :

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… ou si peu.

Oui, Dororon, tout comme Toilet Hakase, est un manga qui sent la merde. Et pas seulement. Nous venons de voir qu’avec Invisibull le foutre pouvait dégager de fortes effluves à la lecture de ces pages. Mais la cyprine n’est pas en reste comme en témoigne une sacrée guest star :

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Sylvia Kristel en personne qui nous joue ici le rôle d’une bartender de haute volée :

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Mais tout cela n’est rien. Puisque je viens ici d’évoquer notre boss, il sera ravi d’apprendre que son plus farouche ennemi se trouve ridiculisé dans ce manga :

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Robocop !

Dans ce manga, Go Nagai cultive à l’envi les citations envers d’autres personnages occidentaux, parfois mélangés à ceux du terroir. Ainsi Kintarô 13 , improbable mélange de Kintarô et de Jason, chevauchant pour se déplacer un ours et dont le seul but est de massacrer les passantes, à ses yeux toutes des salopes consumées de luxure.

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Son ours est d’ailleurs le plus rapide à dégainer son arme, démontrant au passage à son maître que ces dévergondées méritent bien le sort qui les attend.

Avec de telles scènes, vous aurez compris qu’entre les mémoires de Chthulu et Dororon Enbi-chan il n’y a pas grande différence, dans les deux cas votre santé mentale en prend un sacré coup. Et ce n’est pas l’ultime chapitre du manga qui lui permettra de se refaire la fraise :

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Le client rondouillard est Go Nagai lui-même. Derrière lui, un certain Hannyabal Lecter qui va se mettre à bouffer à la petite cuillère le cerveau d’un Nagai hilare et portant un toast au futur plein de promesses de l’industrie du manga. Heureusement, Enbi-chan sera là pour en découdre :

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Épatante d’ailleurs, cette Enbi-chan. Je m’aperçois ici que je ne l’ai pas encore présentée.  Il convient ici de retracer son pedigree. À l’origine, il y a un autre personnage de Go Nagai, Enma-kun :

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Manga à la base un tantinet barré lui aussi. J’en parlerai une autre fois.

Dororon Enbi-chan (paru en 2001) nous explique au début qu’Enbi est en réalité la nièce d’Enma-kun, ce dernier n’étant qu’un prototype à ce qui vise à être « l’ultime manga de démons ». A noter qu’un récent anime, Dororon Enma-kun Meeramera, réunit Enma et Enbi qui est devenue entre-temps sa cousine :

Dororon_Enma-kun_Meramera2

Oui, il s’agit d’un anime pour les mouflets. on s’en doute, aucune chance de la voir débouler en France.

Bref, Nagai reprend en les modifiant quelque peu le trio de personnages de départ :

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En effet, ce sont bien  grosso merdo les mêmes personnages. La seule différence est  qu’ils sont systématiquement les couilles ou la moule à l’air. A part ça, vraiment pas grand chose à signaler. Ah si ! Les intéressants pouvoirs d’Enbi-chan. Outre les tétons érectiles détecteurs de démons, que l’on voit ici en action (quand le durcissement est accompagné d’un gémissement d’Enbi-chan, c’est qu’il est vraiment tout prêt), citons aussi le balai magique de notre belle sorcière. Un balai sans poils (vu qu’il y a ceux d’Enbi, ça ferait double emploi) et qui ne vole pas mais qui, lorsqu’il est enfoncé dans le schtroumpf de notre héroïne, à pour pouvoir lui aussi de se raidir et…

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D’indiquer la direction où se trouve le malfrat !

Bon, arrivé à ce stade de cet article, est-il vraiment utile de continuer ? Je pense que vous êtes maintenant parfaitement à même de saisir les beautés cachés de ce manga et que vous saurez, lors de votre prochaine commission, lui faire honneur. Songez bien que tout le monde n’a pas la même chance :

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Avant de partir, n’oubliez pas d’en acheter un exemplaire pour votre petite amie (j’en ai une caisse de 50, y’en aura pas pour tout le monde). Venez me trouver à l’arrière salle, j’y ai installé un petit stand où m’aide ma nouvelle apprentie :

décéthon 1

Ho Ho Ho !

Pour le mot de la fin, je laisse la parole au maître :

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« Buvez frais et joyeux Noël les kids ! Moi, je retourne jouer avec mes figurines. »

douce-enbi-commentaires

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