Wet Hot Sake (Yoichi Noshiyama – 1996)

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Après la neige et le froid, autre thème de circonstance : l’alcool. A J-1 du réveillon, vous pensez êtes fin prêt : un moelleux délicat pour le foie gras, un sec distingué pour les huîtres, un rouge légèrement boisé pour le chapon et un champagne à se damner pour le dessert. Tout est pour le mieux donc. Ouais, sauf que, désolé de vous décevoir, vos précieux flacons pour lesquels vous venez d’investir une somme importante, ne seront rien d’autre que du pipi de tanuki en comparaison avec le divin nectar dont il va être question dans le pinku du jour.

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Mononobe, tenancier d’un bar qu’il tient en compagnie de sa fille, voit un jour arriver un client qui méprise cordialement son saké chaud, pourtant l’un de ses titres de gloire. Le client n’est autre que Yumedono, barman itinérant qui, lui aussi accompagné de sa fille, sillonne le Japon de sa camionnette pour s’installer ici et là et proposer de fines boissons parmi lesquelles un saké chaud qui a tôt fait de supplanter celui de Mononobe et d’attirer tous ses clients. Ce dernier est évidemment désireux de connaître son secret (son incompréhension est d’autant plus grande qu’ils utilisent tous deux la même marque de saké). Profitant d’un soir où son concurrent est occupé à servir des clients, Tsuneda, un des habiués du bar de Mononobe, jette un œil à sa camionnette et découvre que sa fille est train de transpirer à grosses gouttes à faire des exercices de gymnastique.

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Pour jouir toi aussi du spectacle, clique sur l’image. Attention ! Scène d’un rare érotisme !

Un peu dubitatif, il ne tarde pas à en découvrir la raison : grâce à une tenue étanche, son père lui verse dans sa combinaison plusieurs rasades de saké qui, associées à la divine sueur d’une bijin, vont transformer le saké en une boisson qui, en plus d’être succulente, aura pour effet de revivifier sexuellement, de faire repousser les cheveux ou encore de faire remarcher un paralytique !

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Ah ! Braves gens que ces artisans et leurs secrets de fabrication !

Aussitôt découverte, aussitôt recopiée : Mononobe s’empresse évidemment d’appliquer la méthode à sa propre fille pour reconquérir ses clients.

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Le problème est que le résultat n’est pas aussi bon que celui de Yumedono. Ne manquerait-il pas un ingrédient ultime ? Mais de quoi peut-il donc bien s’agir ?…

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On peut lui faire confiance : Mononobe fera tout pour le découvrir.

Autant le dire tout de suite : Wet Hot Sake est un pinku qui offre peu de scènes croustillantes. Et quand il y en a, c’est souvent dans un but de dérision, ainsi cet homme distribuant des flyers arrivant juste au moment (quelle chance !) où la fille de Mononobe se fait culbuter dans la voiture ou encore lorsque la même jeune fille, en digne restauratrice respectueuse des règles d’hygiène, se fait nettoyer son instrument de travail, c’est-à-dire son corps, par la langue de Tsuneda :

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Du travail léché

Et niveau humour, là aussi ne pas s’attendre à une avalanche de gags, genre comédie érotique hongkongaise, ce qui n’est d’ailleurs pas plus mal. Wet Hot Sake ne tombe pas ainsi dans le lourdingue mais dans une petite comédie sans prétention, très resserrée dans sa durée, et distillant çà et là de petits moments idiots faisant sourire ainsi que quelques paires de seins qui, ma foi, ne se refusent pas. Bien que cheap, Wet Hot Sake est un de ces pinkus qui arrivent malgré tout à préserver l’attention amusée du spectateur grâce à une idée WTF? et drôle.

Il y aurait sûrement plein de petits détails à interpréter dans cette œuvre puissante mais je vais devoir vous laisser, je dois m’occuper de mon velouté de légumes special Noël pour demain soir. Avec à la clé un ingrédient que je laisse doucement infuser une petite heure pour rendre le breuvage proprement inoubliable !

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Passion de la gastronomie, quand tu nous tiens !

5/10

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2 Commentaires

  1. Ah mais c’est ça qui m’a manqué au réveillon ! Bon ben bonne année à toute l’équipe rédactionnelle des Bulles !;)

  2. Bonne année itou. Et ta vidéo me fait penser qu’il faut que je récupère une copie du dernier Kohaku uta gassen, toujours pourvoyeur de moments croquignols.

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