Maîtres de demain ? #8 Shing Shing Shing (Kohei Sanada – 2011)

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La famille Tekiya est une famille atypique car constituée de personnes sans liens familiaux entre elles et organisée autour d’un vieil homme. Un jour ils découvrent que leur maison a été détruite en leur absence. Ils vont parcourir les routes, aller de matsuri en matsuri pour essayer de gagner un peu d’argent en vendant des okonomiyakis, trouver d’autres membres qui vont agrandir la famille Tekiya mais aussi mettre à l’épreuve leur cohésion…

 Shing Shing 2

La famille Tekiya au grand complet.

Moi, en bon fan de Happy End, quand je vois qu’un film s’intitule Shing Shing Shing, aussitôt je vérifie s’il n’a pas un rapport avec ceci :

Et effectivement, comme Eureka de Jim O’Rourke avec le film homonyme d’Aoyama, il en est allé de même avec ce film de Kohei Sanada. Source d’inspiration pour son histoire, la chanson évoque la neige qui tombe sur une ville, neige dont tout le monde sait qu’elle va finir par devenir sale. Or, si elle le devient, ce n’est pas parce qu’elle avait de la saleté en elle mais à cause des personnes qui y ont déposé leur saleté. Métaphore de la pureté souillée, la chanson sera utilisée à un moment clé où les personnages, déchirés, en plein doute, succombant à la déchéance, retrouveront un second souffle et achèveront le film de manière plus positive.

Shing Shing 3

Shing Shing Shing offre un road movie attachant et porté par de bons acteurs. C’est un peu une constante de ces films de la Graduate School : si l’on est parfois déçu par les histoires ou la réalisation, il faut reconnaître que ces jeunes metteurs en scène bénéficient souvent d’acteurs (amateurs, semi-pro ou pros, pas toujours faciles à déterminer) très capables. Ici, c’est en particulier Miwako Wagatsuma (déjà aperçue dans Ain’t no tomorrows) et Houshi Ishida qui crèvent l’écran, même si les autres acteurs ne déméritent pas. Pour les co-stars, à signaler tout de même la présence de Magumi Kagurazaka dans le rôle d’une petite-amie enceinte et délaissée par son petit ami pour une autre. Rôle entièrement « couvert », inutile d’espérer certaines scènes à la Sion Sono !

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Megumi Kagurazaka portant une doudoune. 🙁

J’ai évoqué Eureka, mais à y réfléchir la ressemblance va un peu plus loin qu’une chanson matricielle. Mort, perte de pureté et renaissance feront partie du voyage et trouveront une issue dans une scène de plage, là aussi chose que l’on retrouve dans Eureka. On pourra cependant reprocher à Shing Shing Shing de tomber dans un optimisme béat à travers l’ultime réplique du film. Sans mal se terminer, Eureka, avec son basculement du sépia à la couleur et l’arrivée d’une musique au piano pas forcément enjouée, jouait sur l’idée d’une renaissance tournée vers l’avenir mais aussi ancrée dans un monde où la douleur peut subvenir à chaque instant. Entre-deux qui me convenait plus. Shing Shing Shing reste malgré cela un road movie attachant et très regardable malgré ici et là quelques petites longueurs.

6,5/10

Shing Shing 4

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2 Commentaires

  1. Ah, le petit Hosono du matin, rien de tel pour mettre de bonne humeur.

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