My Wife’s Shell (Ryuichi Honda – 2005)

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Un sujet classique d’histoire dans les pinku contemporains est le personnage qui a un souci avec un corps  qui ne lui permet pas d’espérer une vie sexuelle et sentimentale au beau fixe. Ryuichi Honda s’inscrit pleinement dans cette thématique puisque les deux films de diptyque érotique présentent des personnages en mal de satisfaction amoureuse et sexuelle. Ainsi Chika désespérée de voir les hommes plus intéressés à l’idée de lui malaxer sa fascinante poitrine que de lui susurrer des mots doux dans le creux de l’oreille. Et le personnage de My Wife’s Shell, Hajime, chanteur ringard mais amusant et pas dénué d’un certain talent.

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Pourtant, à première vue, tout a l’air d’aller pour lui niveau roubignolles. Est-il interviewé à la radio par une charmante chroniqueuse qu’il décide tout de suite de mater ses ennuyeuses questions d’une manière bien autoritaire :

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Le film ne dit pas si la station s’appelle Foune Radio.

Puis ellipse, on le retrouve ensuite dans un love hotel en compagnie de la journaliste pour lui enseigner 2-3 trucs sur l’art de mener une bonne interview :

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Mais voilà, problème. Ou plutôt problèmes car Hajime va devoir faire face à rien moins que trois désagrément. D’abord, il y a ceci :

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Oui, Hajime est régulièrement sujet aux hémorroïdes.

Et cela :

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Sujet aux crampes, Hajime en ressent à chaque fois qu’il jouit.

Et tout se complique lorsqu’il rencontre une charmante jeune femme, Miko, et qu’il décide de se marier avec. Car à elle, son truc, ce n’est pas d’être prise par derrière mais de monter sauvagement sur son partenaire pour atteindre le nirvana en moins de 20 secondes chrono. D’une certaine manière Hajime est content parce que le rodéo ne lui permet pas de jouir et donc d’avoir des crampes mais tout de même, il y a comme un sentiment d’insatisfaction à devoir rester là, une demi-molle à l’air, à subir les tressautements de plaisir post-coïtaux de Miko.

Et ce n’est pas fini ! Car imaginez sa stupeur de découvrir qu’après avoir fait des parties de jambes avec le même partenaire se met à perdre ceci :

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Kezako ? Sa propre peau ! Oui, telle un lézard, Miko perd sa peau, suscitant les remarques plus que dubitatives des docteurs qu’elle va voir pour leur expliquer le problème.

Bref vous l’aurez compris, My Wife’s Shell est un pinku bien plus riche en rebondissements que Watermelon puisque c’est tout haletant que le spectateur, au bout d’une demi-heure, se demande si :

1) Hajime va continuer d’avoir mal à l’anus.

2) Hajime va continuer d’avoir des crampes comme un joueur de tennis français.

3) Hajime va accepter de ne pas jouir ou au contraire faire le forcing par derrière.

4) Miko va perdre sa peau alors qu’ils ne font plus l’amour, ce qui signifierait qu’elle le trompe  avec un homme qui aime jouer du bâtonnet avec Miko (logique après tout).

A côté de ces graves questions ajoutons celles relatives à la carrière en dents de scie d’Hajime. Va-t-il percer ou au contraire rester le chanteur anachronique qu’il est ?

Ce sera la dernière question que Ryuichi Honda développera à nouveau dans un court film somme toute assez drôle et pas du tout désagréable à regarder. On est ici moins devant un pinku qui va tout miser sur la fréquence des scènes de cul et la mise en valeur de la plastique des actrices (non qu’elles soient vilaines ici mais ce n’est clairement pas le propos ; ainsi Aya Shiraishi que l’on aperçoit dans le rôle d’une jolie vendeuse mais dont le physique sera peu mis en valeur par Honda ) que devant un film qui va créer un univers gentiment erotico-absurde dans lequel les personnages sont englués à travers une sexualité défaillante, à l’image de leur propre vie en général. Hajime cherche à faire son trou dans Miko un peu comme il aimerait en faire un dans le monde de la musique. Il aimerait dominer mais c’est clairement lui qui se fait empapaouter, que ce soit à travers le cowgirl style de sa femme ou par le mépris du directeur d’un label musical. Les scènes de sexe ne sont donc pas là pour se rincer l’œil : elles sont le thermomètre de l’évolution des personnages, de leur apaisement comme de leur frustration, Hajime ayant la fâcheuse tendance à sauter rageusement sur tout ce qui ressemble à une bijin dès qu’il fait l’expérience d’une situation humiliante (la frêle Aya Shiraishi en fera les frais après une pathétique performance dans la rue).

Tout comme Watermelon, sans être non plus un chef-d’oeuvre, My Wife’s Shell reste un petit film distrayant et visuellement plus dynamique que le premier volet.

Du même tonneau (ou presque) :

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Un Commentaire

  1. J’ai adoré! Arigatou gozaimashita Oliku san! :))
    musique, histoire, acteurs, humour, réalisation.

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