Watermelon (Ryuichi Honda – 2005)

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Les seins de Chika, pour reprendre le titre d’une BD, c’est un peu les Melons de la colère. Sans être non plus énormes, ils ont un quelque chose qui fait que les hommes sont incapable d’en détourner leur regard :

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Serveuse dans un bar, sa vie est pollué par des mâles incapables de contrôler leurs pulsions et systématiquement dans tous leurs états dès qu’elle arrive dans leur périmètre.

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 OMG ! She’s here !

Et pour ce qui est d’avoir une relation, c’est pire ! Elle a fait l’amour trois fois dans sa vie, à chaque fois avec un partenaire différent, et cela s’est toujours passé de la même manière, avec un blaireau plus occupé à mettre la main à la pâte qu’à regarder tendrement la belle dans les yeux.

Aussi Chika est-elle quelque peu aigrie. Elle tient un classement de ses connaissances masculines dans lequel elle fait gagner ou perdre quelques places des prétendants en fonction de leur attitude du jour. Jusqu’au jour où elle tombe peut-être sur la perle rare, un jeune homme qui ignore royalement sa poitrine et qui lui fait l’amour sans lui donner l’impression qu’elle participe à un concours de boulangerie. Aurait-elle trouvé l’homme de sa vie ? Quelque temps après ils se marient. Mais le jeune homme semble être un fieffé menteur et le fragile bonheur de Chika semble vaciller…

 Bon, autant le dire tout de suite, Watermelon n’est pas vraiment un chef d’œuvre du pinku eiga. Destiné au marché de la vidéo, il est le fruit de Ryuichi Honda, auteur sympathique mais limité oeuvrant dans le genre comique déjanté (son hommage à Russ Meyer) ou l’érotisme ancré dans le quotidien avec une pointe de fantaisie. C’est ici le cas avec les deux watermelons de Chika aux pouvoirs hypnothiques. En une petite heure, Honda développe sans trop de peine les déboires de la donzelle et parvient à tenir éveillé l’attention du spectateur, à défaut d’autre chose. Admettons que les actrices, issues du porno, permettent justement de ne pas sombrer. Ainsi avons-nous dans le rôle de Chika la délicieuse Runa Akatsuki :

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Et dans celui d’un personnage anecdotique qui aime à faire l’amour dans une baignoire, la bien pourvue par la nature Ai Kurosawa :

Ai Kurosawa

C’est d’ailleurs dans cette scène de baignoire que l’on se dit que là se trouvent les véritables watermelons du film.

Ajoutons cela une photographie qui, en dépit d’une image vidéo limitée, est plutôt une bonne surprise. Honda cherche des cadrages originaux ou des effets simples mais efficaces, comme cette scène où Chika, honteuse parce qu’après avoir fait l’amour avec son patron :

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 Un gif animé pinku n’est jamais superfétatoire.

… s’aperçoit que ce dernier la filmait en douce pour compléter une collection de VHS classées en fonction des caractéristiques mammaires de ses conquêtes. Honteuse, elle s’enfuit dans la rue en courant, consciente que ses roploplos sont ridicules à gigoter dans tous les sens et que les regards mâles sont plus que jamais scotchés sur eux :

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 L’image est alors terriblement heurtée, comme filmée par un caféinomane et retranscrit l’agitation de Chika. Pas non plus de quoi sauter au plafond, c’est du 1000 fois déjà vu mais enfin, c’est en voyant ce genre de petit effet qu’on se dit que le réalisateur a essayé de faire preuve d’un peu d’inventivité.

Quoique pas vraiment une actrice née (plutôt une actrice néné), Runa Akatsuki parvient, avec le petit savoir faire de Honda, à faire en sorte que ce Watermelon ne soit pas un calvaire à regarder. Petite cerise sur le gâteau, le film se termine avec une scène surprenante que les fans de Doraemon apprécieront et qui fera comprendre à Chika que son homme n’est pas le menteur-né qu’elle croyait. Ça finit bien, et le générique de fin réussit même l’exploit de garder jusqu’au bout le spectateur, puisque l’on y voit un drôle de zicos en train de chanter sur un rocher :

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 ?!

Puis, le générique passé, on le voit entrer dans une pharmacie pour acheter une crème hémorroïdale :

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Arrive alors un message qui indique que Watermelon n’est que la première partie d’un diptique, le deuxième volet s’intulant My Wife’s Shell. Personnellement, la trombine du gus m’aurait plutôt incité à ne pas tenter l’aventure, mais comme je m’aperçois que dedans joue Aya Shiraishi, autre créature issue du monde du porno :

Aya Shiraishi

… je me dis que ce Ryuichi Honda n’est finalement pas totalement inintéressant.

5/10

Du même tonneau (ou presque) :

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6 Commentaires

  1. Ca me rappelle que je dois manger 5 fruits et légumes par jour…. soupir…
    Sinon, en plus consistant mais avec les mêmes fruits, y a La Saveur de la Pastèque de Tsai Ming-Liang.

  2. Je préfère the Hole.
    Pour « la Saveur », la scène qui me vient immédiatement à l’esprit est cette scène glauquissme dans laquelle une équipe de tournage d’un film porno tourne une scène sous une douche. Jamais vu quelque chose d’aussi anti-érotique.

    • Moi c’est la scène finale. Le porno avec l’actrice « morte » (enfin si c’est pas le cas c’est pas loin), la fille amoureuse qui regarde par la lucarne et l’acteur qui va jouir où tu sais… Jamais vu un truc pareil…

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