Hello, my dolly Girlfriend (Takashi Ishii – 2013)

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Sexe, violence, néons et humidité. Voilà en gros les quatre ingrédients qu’utilise Takashi Ishii avec des dosages différents d’un film à l’autre. Cela ne date pas d’hier, mangaka à ses débuts dans les années 70, ses œuvres de la veine gekiga racontaient des histoires choquantes de filles se faisant violer (éventuellement assassiner) sous la pluie dans des rues sordides. A partir de la fin des années 80, l’homme abandonne ses crayons définitivement pour s’installer derrière la caméra. Suivent une vingtaine de films parmi lesquels Freeze Me, Gonin, Angel Guts ou Flower and Snake qui auront réussi à faire d’Ishii une sorte de petit maître de la série B crapoteuse. Attention tout de même : Ishii n’est pas un Hisayasu Sato bis. On est dans la déviance mais une déviance portée sur une certaine prétention esthétique qui n’est pas sans évoquer Sono.

Cela me semble très vrai dans ce Hello my dolly girlfriend, film abordant le thème de la poupée gonflable (mais pas du tout gonflante, nous allons voir ça). Koreeda s’y était déjà risqué avec Air Doll avec pour résultat une poésie empreinte de mélancolie, une fable sur le mal de vivre urbain. Original et joli mais occultant ce pour quoi certains éprouvent le besoin de se doter de ce genre d’objet : baiser. Ou alors, cette réalité était évoquée en passant, de manière discrète, l’essentiel du film étant ailleurs.

Avec Ishii au moins, aucun risque pour passer sous silence cette réalité. Il est, au sens propre comme au figuré, le motif obsessionnel du film. Au figuré car l’histoire s’ouvre sur la vie professionnelle mal barrée du héros, Kentaro, qui se voit passer un savon par son supérieur devant tout le monde parce qu’il n’a pas assuré dernièrement en tant qu’éditeur. En réalité, il fait office de bouc émissaire puisque l’on comprend qu’il sert de fusible pour protéger la carrière des autres. Les autres qui justement s’empressent de s’engouffrer dans la brèche en accablant de reproches le pauvre Kentaro qui voit jusqu’à sa copine, une collègue de bureau, lui conseiller de donner sa démission plutôt que d’accepter de descendre les échelons de la hiérarchie (moyen pour elle de se libérer définivement de ce loser). Accessoirement les collègues virent son bureau dans la bonne humeur pour laisser la place à une remplaçante. Baiser ou se faire baiser, tel est la ligne de conduite qui apparaît dans ce quart d’heure introductif et qui résume la vie dans les entreprises japonaises. Voilà pour la vie professionnelle. Passons maintenant à la vie privée de Kentaro :

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Apparemment pétri de culture otaku, il peut compter sur des dizaines de figurines sexy qui l’attendent chez lui quand il ne va pas dans un bar où l’on peut siroter un verre en regardant le derrière de sculpturales créatures en train de se trémousser lassivement sur une table en verre au-dessus de vous :

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Une idée du bonheur quoi !

On peut regarder, on peut toucher la glace mais pas aller au-delà. De même les figurines : on les regarde, éventuellement on les dévêt mais ça ne peut évidemment pas aller plus loin.

Enfin il y a les Adult Video qui permettent une illusion de contact mais pour ce qui est de l’humidité, ça n’ira pas plus loin que celle de la paume de la main.  Danseuses de bar, figurines, actrices d’AV, voilà la sainte trinité qui compose la vie de puceau de Kentaro. Car ne nous y trompons pas : Kentaro a beau nous être montré au début comme ayant une petite amie au bureau, rien ne nous dit que la relation a été consommée entre les deux. Une scène nous les montre en train de le faire mais il s’agit d’un fantasme alors que Kentaro boit sa rage dans le bar. Dans son rêve, sa copine lui dit deux choses :

1) Qu’il est très compétent et que l’entreprise est stupide de se séparer de ses services.

2) Qu’il en a une très grosse.

Puissance dans la vie professionnelle, puissance sexuelle, deux facettes exclusives de ce que doit être la vie réussie d’un homme dans l’esprit de Kentaro. Or, il n’a pour l’instant ni l’un, ni l’autre.

Tout va être chamboulé avec la rencontre dans l’escalier de son immeuble d’un couple de lesbiennes. Il est ivre, bouscule la plus forte des deux (on croit d’ailleurs au début qu’il s’agit d’un yakuza), ça s’envenime et il s’ensuit une courte poursuite à la fin de laquelle Kentaro va atterrir dans un immeuble désaffecté et découvrir cette pièce :

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Et parmi ce monticule de mannequins, il tombera sur une de ces poupées hyperréalistes que propose maintenant le merchandising pornographiques nippon :

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Merde alors ! On dirait des vrais !

Totalement bourré et oubliant qu’une hommasse bien plus forte que lui le poursuit, il la désappe et lui fait son affaire. C’est le tournant du film, le pacte qui va le faire basculer en plein fantastique. Il y a un peu de la Vénus d’Ille dans Hello my dolly girlfiend. La statue de silicone s’éprendra du jeune homme après un acte symbolique. Seulement, comme on est chez Isshi, ce ne sera pas une bague passée au doigt comme chez Mérimée mais le vit fourré dans le vagin de la poupée. Dans les deux cas, le geste aura pour vertu de rendre vivante la créature. Et dans les deux cas aussi, on hésitera entre la réalité de cette transformation et une affabulation possible liée à l’esprit perturbé de Kentaro. Certes, on assistera à une scène de baston, dans laquelle la belle fera leur affaire à une bande de malfrats voulant la peau de Kentaro. Mais quand ce dernier sort de sa torpeur, il n’y aura plus aucune trace des cadavres. Qui plus est, quand il voudra regagner ses pénates avec son nouveau jouet, cela se passera ainsi :

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Redevenue inerte, la poupée alternera entre des moments d’immobilité et des moments de vie dont le spectateur ne saurait dire s’ils sont le fait du surnaturel ou de la folie de Kentaro. Une chose est sûre : dès ce moment le spectateur doit s’attendre à une hallucinante collection de plans montrant un vagin floutté. Fan service de mauvais goût me direz-vous. Il est vrai qu’on peut avoir l’impression que Takashi Ishii, 67 ans, semble vouloir se faire plaisir et faire plaisir à ses fans en livrant un pur spectacle d’exploitation où la moindre scène semble prétexte à mettre en valeur la plastique de la poupée et à faire jaillir de nulle part des petits culs :

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Et hop !

Mais d’un autre côté, en prenant le contrepoint absolu de la poupée dans Air Doll (pour rappel, jouée par une actrice coréenne plate et longiligne), Ishii rappelle ce pour quoi ces objets sont achetés : pour des fantasmes de gros nénés, de culs affriolants et de lèvres grandes ouvertes. Bref, de la chair fantasmatique synonyme de perfection. Une gravure idol comme pour de vrai, la vie en moins. Il est ici révélateur qu’Ishii ait choisi pour interpréter la poupée non pas une actrice porno mais  une gravure idol, Kokone Sasaki :

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Il y a les gravure idols qui montrent leurs seins, celles qui font tomber le bas et celles qui restent habillées. Kokone Sasaki appartient à cette catégorie (à quelques photos près). Et quand elle est nue comme c’est le cas sur la photo, elle n’e l’est pas complètement puisqu’un obstacle barre le passage à la vue ici le chocolat. Tout un jeu de je te montre mais en même temps tu ne verras rien auquel Kokone est passée experte comme le montre cette vidéo. Attention, séquence détente sur Bulles de Japon !

Euh, merde ! Faites excuse, j’a trompé ! Je voulais parler de ceci :

https://www.youtube.com/watch?v=AlabMIaNsHU

Tout dans la suggestion (bon, assez sommaire, il est vrai) et dans l’art d’exaspérer le regard concupiscent du lecteur. Les formes jaillissent mais ne sont jamais montrées à découvert. Et pour ce qui est de l’acte, ça n’ira pas plus loin que de mimer une fellation sur une glace à l’eau. Aussi, quand Kentaro met la main sur cette poupée qui ressemble à une gravure idol, ce sera la revanche de toute une libido exaspérée par des milliers de photos de gravure idols, des centaines d’AV aux copulations par procuration, des dizaine de figurines hentai aguicheuses mais aussi froides qu’une planche à pain.

Il y a alors une sorte de film dans le film. Le premier étant la vie et les déboires de Kentaro, le second étant une sorte de voyage virtuel qui pourrait s’intituler « exploration de l’épiderme de Kokone Sasaki ». Rien ne nous est épargné : Kokone Sasaki fait popo, Kokone Sasaki écarte les jambes pendant que son copain bouffe des ramens, Kokone Sasaki se fait savonner la toison au gant de toilette, etc, etc.

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Otaku : a full time job.

Fan service à donf’ donc. Ou bien simple reflet de ce qui se passe dans la cafetière d’un otaku puceau. En cela le film peut apparaître comme un film réaliste, une sorte de descente dans les méandres mentales d’un jeune homme humilié à son boulot et n’ayant pour seules amies des figurines en plastiques. Le film est délirant, certes. Mais s’il est délirant, c’est moins le fait du réalisateur sur le papier (Ishii) que du véritable réalisateur, celui qui fuit le réel (refus d’affronter son supérieur, refus d’affronter les lesbiennes) pour se vautrer dans son imaginaire fait de figurines sexy et d’AV crasseuses : Kentaro.

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Soyez prévenu que deux scènes de cul assez peu plaisantes tomberont comme un poil de bite dans un velouté aux girolles. L’une sera une scène de viol, l’autre carrément une scène de nécrophilie. Réellement, elles sont amenées sans tambour ni trompette, d’une manière outrée, irréaliste. Irréaliste comme ces innombrables plans où l’on voit le con de Sasaki Kokone, ou plutôt ce qu’il en reste puisque si l’on distingue les poils pubiens, le vagin est quant à lui flouté comme il se doit dans les productions érotiques sur papier glacé ou les AV. Ce qui est notable car inhabituel dans les films d’Ishii, ce dernier se débrouillant toujours pour éviter d’avoir recours à des caches digracieux. Ici, on les a en nombre puisque c’est justement ce que voit Kentaro dans ses innombrables soirées en solitaire devant son écran. Une fois encore, il est le maître inconscient de son propre film.

Ultime indice : Kentaro décide de donner un petit nom à sa poupée et évidemment, ce sera… Kokone. L’actrice joue alors son propre rôle. Une poupée que l’on va déshabiller mentalement et qui n’aura d’autre interaction avec le client qu’une interaction mentale. Ce sera la clé de l’ultime scène qui, après une heure quarante d’un spectacle aussi sexy qu’étonnant, conclura un film très sombre évoquant un Hisayasu Satô qui aurait décidé de polluer le film joliet de Koreeda ou d’aller sur les plates bandes esthétiques d’un Sion Sono.

Les notes d'Olrik
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Une petite pensée pour Tesuku Emoto qui a dû finir le tournage véritablement exténué : passer des jours et des jours à tripoter dans tous les sens Sasaki Kokone, à lui essuyer les fesses ou à lui savonner les parties intimes, clair que ça a dû faire palpiter sévère son pauvre petit cœur.
Violencewww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Mine de rien cinq macchabés.
Fantasmeswww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Tout ce que vous avez voulu savoir sur les pulsions d’un otak sans jamais oser le demander.
Nuitwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.comwww.dyerware.com
Amoureux du japon urbain nocturne, soyez les bienvenus.
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Difficile d’imaginer ce que serait l’accueil critique en France d’une telle œuvre. En comparaison, Guilty of Romance ferait presque penser à du Lelouche. Quoi qu’il en soit, le film est une curioité à voir, autant pour les habitués de la filmo d’Ishii que ceux qui ne connaîtraient pas.

Bonus : le site perso de Kokone Sasaki ! Kokone chan, moi aussi je veux te savonner les fesses !

http://ameblo.jp/kokone-sasaki/

Du même tonneau (ou presque) :

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27 Commentaires

  1. J’avais bien aimé Air Doll de Kore-Eda. Un de ses films un peu plus mineurs je trouve, mais avec quelques très belles idées. Celui-ci à l’air…. très différent. Je ne crois d’ailleurs pas avoir vu de film de Ishii même si Gonin m’évoque vaguement quelque chose.
    Pour revenir à Kore-Eda, son nouveau film sort le jour de Noël. C’est pas mignon ça ?

  2. Assez curieusement, ishii n’est même pas évoqué dans le bouquin de Julien Sévéon sur le cinéma enragé au Japon. Il y a pourtant des films intéressants dans le tas.
    Kore-Eda peut être parfaitement adapté à la période de Noël. Au dernier réveillon, on s’est maté en famille « I wish » après la bûche et en attendant le mec avec son survet’ rouge. Un bon moment.

  3. « I wish » ça me parait parfait pour le réveillon de Noël en effet !
    Et l’Empire des Sens à la nouvelle année.

    • L’Empire des sens entre le Sauternes et le champ’ une fois que les enfants seront couchés … hey ! en voilà une idée qu’elle est bonne !

      Olrik, il n’a plus jamais regardé les oeufs durs de la même manière après avoir vu ce film.

      • Comme je sais pas où les mettre, je colle mes bons voeux de bonheur et de santé ici même, là où je m’étais interrompu. J’ai raté la mère Noël on dirait, c’était la teuf au bureau…

        Du coup j’ai enfin vu le dernier Kore-Eda, Tel Père Tel Fils, et c’est un bon. Nettement plus chargé que le précédent, mais toujours aussi délicat et juste dans le portrait de ses personnages. Kore-Eda va au charbon aussi, il n’élude pas les scènes difficiles. J’ai pas chialé parce que je suis un grand garçon, mais même un misanthrope comme moi à eu à plusieurs moment les yeux humides (et sans que rien ne soit outrageusement tire-larme). Kore-Eda continue de ne pas décevoir, depuis plus de 10 ans c’est le réalisateur Japonais que je préfère, définitivement (même si Kitano garde une place unique dans mon coeur, of course).

        • Meilleurs vœux aussi. Pas de bise, j’ai encore les restes d’une mauvais toux qui m’a pollué ce début d’année.

          Il faut vraiment que je vois Tel Père, Tel Fils. A ce que j’ai entendu, l’approche de la famille possède des zones sombres susceptibles de me plaire, se rapprochant en tout cas de Nobody Knows, film qui est pour l’instant celui que je préfère. I Wish était sympa mais un peu gentillet, beaucoup moins poignant. Pour ce qui est de son drama, j’ai vu les deux premiers épisodes et franchement je suis un peu déçu. Contrairement à Kurosawa, Miike et Sono, on n’a pas vraiment l’impression ici qu’il y ait une plus-value liée au fait que ce soit un grand nom derrière la caméra. Après, je n’ai vu que les deux premiers…

          En fait, je m’aperçois que c’est surtout ses films avant Nobody Knows que je ne connais absolument pas (After Life mis à part).

          Ainsi son docu Without Memory, ainsi que Distance et Maboroshi no hikari. Encore que pour ce dernier, en voyant des screenshots, j’ai l’impression de l’avoir vu en salle. Pas impossible qu’il ait été diffusé en France à la grande époque où il y avait plein de films japonais par an. Faut que je vérifie ça.

          • Vérification faite, il est bien sorti en France en 1999 et je suis sûr de l’avoir vu. Ce ventilo et cette culotte blanche ont été les signes mémoratifs déclencheurs :
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          • Je te confirme que c’est beaucoup plus dans le ton de Nobody Knows, ou plutôt Still Walking (mon préféré) en fait, sans en atteindre le niveau (des petites longueurs tout de même). Enfin il est dans mes 10 films préférés de l’année, et c’est nettement au-dessus de Air Doll ou I wish (gentillet je sais pas mais adorable en tout cas).
            Je ne connais pas ses docu ni sa première fiction, mais j’avais bien aimé After Life et je garde un souvenir assez fort de Distance également.

            • « Gentillet » parce qu’en comparaison avec les gosses abandonnés de Nobody Knows, les petits malheurs des gamins du films m’ont paru un peu fades et n’ont pas éveillé en moi beaucoup d’empathie. Même le petit gamin du Ballon Rouge a su plus me toucher. Si tu ne connais pas ce chef d’oeuvre, mate-moi ça :

              Et je ne parle même pas de Léaud dans les 400 Coups. J’attends pas non plus qu’un réalisateur nous fasse une peinture misérabiliste mais j’ai trouvé que le propos de Kore-Eda était certes sympathique pour un premier visionnage, mais n’appelait pas un second.

  4. J’ai découvert l’existence de ce film hier soir et ce que j’en ai lu m’avait laissé sur ma faim. Heureuse coïncidence, je découvre aujourd’hui cette chronique qui me permet de me faire un avis plus poussé.
    De Takashi Ishii, j’ignore totalement le début de carrière (les Angel Guts) et les œuvres récentes. Je ne connais que le milieu (Night in Nude, Alone in the Night, Gonin et Black Angel), marqué alors par un romantisme noir et doté d’un univers visuel très personnel. Ces films m’ont beaucoup marqué (je les trouve très beaux) et (d’une façon un peu biaisée), Ishii s’est imposé comme un de mes réalisateurs japonais favoris.
    Pourtant je n’ai jamais trouvé le courage de m’attaquer au reste de sa filmo. Probablement la peur de me retrouver face à de la série B crapoteuse et de casser cette image idéalisée que j’ai du réalisateur.
    C’est cette crainte qui, à nouveau, prend le dessus quand je lis cette chronique : beaucoup d’éléments parmi ce que tu écris et les images que tu montres m’attirent vraiment alors que d’autres me repoussent totalement (le plan flouté que tu épingles est une vraie douche froide).
    Ah quel dilemme !

  5. Je ne connais pas la filmo d’Ishii sur le bout des doigts. Jusqu’à présent cela a toujours alterné entre un intérêt bienveillant (Freeze Me) et un mortel ennui (son Night in Nude m’a hélas beaucoup moins marqué que toi). Difficile pour moi de situer l’intérêt de ce Dolly Girlfriend dans sa filmo, d’autant que j’ai pu constater que pas mal de critiques sur le net le descendait en flammes. Sans aucun doute son film le plus WTF ? Après, quand tu parles de romantisme noir, c’est quelque chose qu’on retrouve assurément dans ce film. J’évoque la Vénus d’Ille ais on pourrait aussi citer pas mal de ces sombres histoires d’amour dans lesquelles le héros court à sa perte à cause d’une créature surnaturelle (comme dans la Morte Amoureuse). Essaye quand même de tenter l’aventure, m’est avis que tu peux y trouver ton compte. Le film fait deux heures mais elles passent relativement vite. Bon, la plastique de Kokone Sasaki aide un peu, il est vrai…

  6. Une vraie déception ce film… D’autant plus qu’Ishii avait signé récemment deux très bons films : « The Brutal Hopelessness of Love » et « A Night in Nude – Salvation » (bien moins chiant que le premier volet).

    « Gonin » et « Freeze Me » restent toutefois, de très loin, les joyaux d’une filmographie inégale (qui tend à devenir répétitive).

    Mais bon, comme je suis faible, je materai le prochain (la présence de Mitsu Dan dans un contexte BDSM motive bien). Et cet homme est capable de dénicher les plus belles actrices, de transcender leur jeu et de les pousser à tomber tous leurs vêtements : si ça n’impose pas le respect…

  7. J’ai récemment vu Mitsu Dan dans Be my Slave :

    Honnête pinku réalisé en 2012 et la présence de Mitsu Dan donne à songer sur ce qu’Ishii a pu faire avec elle dans Sweet Whip.

    D’accord sinon pour le côté répétitif de sa filmo… et ennuyeux. Le premier volet de Night in Nude m’avait fait abandonné au bout d’une demi-heure. Pas encore vu the Brutal Hopelesseness of Love mais ça ne saurait tarder.

    • J’ai vu ce « Be My Slave » voici quelques mois et en garde un agréable souvenir. Du pinku avec une belle photo et de bons acteurs : voilà qui commençait à me manquer.

      Intrigante cette Mitsu Dan, ne serait-ce que pour l’âge à laquelle elle a explosé en tant que modèle, ce qui la différencie de la « jeunette » habituelle croisée en couverture de certains magazines.

      Pour « The Brutal Hoplessness of Love » : prévoir de le regarder en pleine forme, le récit à tiroirs se perd entre réalité et fiction et peut vite perdre le spectateur. Mais il en vaut la peine.

      • Étonnamment Mitsu Dan apparaît fréquemment dans les magazines pour ados du type Young Magazine ou Young Animal, où l’on a souvent des jeunettes en bikini au physique interchangeable. Il faut croire que le physique de la trentenaire a quelque chose qui interpelle la libido des jeunes japonais. Il y a quelque chose de très sensuel chez elle, même dans les photos où l’on ne voit finalement que peu de choses :
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  8. Qu’est-ce que c’est que ce truc ?! Mitsu qui se désape pour calmer les ardeurs d’un vilain kaiju ?! J’aime ce concept, je veux voir cela ! Largement de quoi me remettre de la déception de Pacific Rim et me réconcilier avec les kaiju eiga.

    Ton conseil drama m’intéresse. Depuis Shokuzai je n’ai rien vu dans ce domaine. Et puis apparemment il y a la petite Aya Ueto en mode femme qui joue, ça peut être sympa de voir ça.

  9. En espérant que ses scènes de nu ne soient pas toutes filmées au cours de nuits pluvieuses qui rendraient le tout aussi illisible que les combats du Del Toro…

    « Hanzawa Naoki », c’est bien foutu dans le sens où, après une journée de boulot difficile, ça fait plaisir de voir un mec gravir les échelons dans une banque pour se venger de ceux qui ont poussé son père au suicide. C’est bien rythmé, mais les acteurs cabotinent comme des gorets et Aya Ueto reste la gentille femme au foyer dévouée à la carrière de son mari… Un peu trop formaté tout ça, mais divertissant.

    Ce n’est pas récent, mais en J Drama je viens juste de découvrir « Kekkon Dekinai Otoko » et c’est un gros coup de coeur. Avec un Hiroshi Abe très cynique en architecte misanthrope.

  10. Je note tout cela. En fait mon dernier drama était Minna Esper Dayo (j’imagine que tu as dû voir cela). Amusant quoique répétitif.
    Il y a sûrement pas mal de dramas qui méritent d’être vus mais c’est pas évident de s’y retrouver dans cette jungle.Et puis il faut reconnaître qu’avec le degré d’excellence qu’atteignent certaines séries américaines, le formatage plus ou moins grand des dramas apparaît très vite insupportable. Chose qu’ils ne connaissent pas quand il y a quelqu’un derrière la caméra (Kurosawa, Miike, Sono) mais cela est bien trop rare.

    • Pas encore vu le drama de Sion Sono, mais ça ne saurait tarder.

      Les séries japonaises, malgré tous leurs défauts, ont toutefois un gros avantage si on les compare aux américaines : elles sont moins chronophages (dans l’ensemble).

      Je trouve curieux d’ailleurs, étant donné qu’elles n’engagent pas sur le long terme, de ne pas voir davantage de cinéastes japonais tenter l’aventure du petit écran… Ce qui pourrait être salutaire tant pour eux que pour la télévision (l’exemple de K. Kurosawa le démontrant).

      • Dernier en date : Kore-Eda et son Going my home en 10 épisodes. Comme je risque de ne pouvoir aller voir Tel Père, Tel Fils, il n’est d’ailleurs pas impossible que je m’y mette pendant les fêtes. A priori le retour est positif et retrouver Hiroshi Abe sous sa direction va être un vrai plaisir.

    • Si les thèmes abordés sont très originaux et la série sympathique, ça reste quand même terriblement drama japoniais, avec cet espèce de surjeux systématique, répétition, etc…
      Y’a rien à faire, ces trucs là me désespèrent. Il faut vraiment une occasion particulière comme là Sion Sono, pour me pousser à en regarder. C’est à croire que les téléspectateurs japonais sont encore plus abrutis que dans les autres pays et il faut du 100% prémaché.

      • Kore-Eda est certainement le réalisateur le plus à même de se fondre dans un moule typiquement drama avec cette manière de jouer particulière. Je viens de vois les deux premiers épisodes. Pas désagréable non plus mais c’est vrai que je me demande si je vais aller au bout.

  11. Je n’avais pas vu ce ballon rouge, mais j’avais bien aimé Le Voyage du Ballon Rouge, qui je crois était une sorte d’extrapolation de Hou Hsiao-Hsien. La Binoche y était très très bien.

  12. J’ai un peu perdu de vue HHH après Tokyo Café. C’est pourtant pas faute d’avoir remarqué l’existence de ce Voyage du Ballon Rouge. Faudrait que j’essaye de le mater un de ces quatre.

  13. Bon, pour reprendre le fil de la conversation, je viens de regarder les 4 premiers épisodes de « Going my Home » et je m’ennuie ferme… En dehors de l’habituelle excellente direction d’acteurs de Kore-eda, c’est d’un mou.

    • 4 épisodes ? Belle performance, je t’admire. J’ai regardé le premier épisode, plein de bonne volonté, et au moment de me mater le deuxième, je me suis définitivement déballonné. Très peu de chances pour que j’y revienne. Comme tu dis, d’un mou incroyable. Ça m’a fait mal car la même semaine j’ai vu Tel Père, tel fils, que j’ai franchement apprécié. J’espère que Kore-Eda ne s’acoquinera pas trop souvent avec les dramas, parce que si c’est pour pondre ce genre de trucs… On ne m’aurait pas dit que c’était du Kore-Eda, j’aurais cru que c’était fait par le premier venu.

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