Uchû Keiji Gavan : the Movie (Osamu Kaneda – 2012)

gavan-film

Que les fans de Tokusatsu en profite car ça n’arrivera pas tous les jours. Oui, aujourd’hui sur BdJ honneur à un metal hero. Mais attention, pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de…

oui, de X-Or ou plutôt de…

Gavan (nom hommage venant à l’origine de Jean Gabin, connu entre autres au Japon pour ses rôles de justicier)

Etonnamment, bien qu’elle ait inévitablement vieillie, la série se regarde encore agréablement, bien plus par exemple que San Ku Kai, pour évoquer l’autre grande série S-F de notre enfance. Le calibrage en 25 minutes, les histoires parfois foutrement barrées (souvenir d’un méchant chasseur de papillons qui capturait les enfants dans la forêt), la délicieuse Wakiko Kano dans le rôle de Mimi, personnage qui me valut mes premières érections devant une bijin :

wakiko kano

Les musiques punchy de Michiaki Watanabe, les méchants gratinés, les bastons répétitives mais cool et last but not least, cet homme :

kenji oba

Retsu (Gordan en VF), l’homme au cuir marron avec une putain de chaîne en or qui brille dessus, l’homme au pantalon blanc moulant et toujours immaculé même après une séance de bourre-pifs en pleine boue, l’homme aux qualités athlétiques indéniables joué par l’excellent Kenji Oba.

Si j’avais le courage de faire une série qui constituerait le pendant masculin à mes bijins de la semaine, série que j’intitulerais par exemple « le mastar de la semaine », nul doute que le sieur Oba y figurerait en bonne place. Sans être un spécialiste des tokusatsu et autres sentais, j’en ai vus tout de même quelques uns mais je dois dire qu’aucun de leurs héros ne m’a laissé une empreinte aussi vive que le personnage d’Oba. Simple, carré, efficace, attachant et, encore une fois, avec un cuir marron et une putain de chaîne en or qui brille, il avait tout pour marquer durablement les esprits des petites têtes blondes qui bouffaient alors leur tranche de nutella devant récré A2.

C’est donc avec un brin de nostalgie bienveillante mais aussi un peu d’inquiétude que je me préparai à voir ceci :

gavan affiche

Les tokutatsu actuels, je sais malheureusement ce que ça vaut, c’est-à-dire pas tripette. Plus de moyens pourtant, plus de facilités pour les effets spéciaux, l’informatique aidant, mais paradoxalement ces moyens supplémentaires contribueraient presque à rendre les séries plus cheap qu’elles ne l’étaient auparavant. Plus paresseuses sans doute, bien assises sur les possibilités offertes par l’informatique. En revoyant certains épisodes de Gavan, j’ai été surpris de voir combien le montage était dynamique et compensait finalement l’évidente répétition des épisodes (surtout dix minutes avant la fin, lorsqu’arrive le combat final). Et puis peut-être aussi que les histoires de Shotarô Ishinomori (le créateur de Cyborg 009, tout de même) faisaient réellement que ces épisodes étaient toujours divertissants. Concernant le film, je ne peux pas dire que j’ai réellement eu de plaisir. L’histoire s’appuie sur le lieu commun du passage de témoin entre deux générations. Le jeune héros du jour s’appelle Geki :

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Il est la tête à claques sans saveur de service, en cela bien secondé par son ami, Touya :

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Gni

… ami qui ne va pas tarder à être son ennemi mortel. Le clan féminin s’en sort un peu mieux avec Itsuki et Shelly, la remplaçante de Mimi :

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Pour le reste on retrouve des méchants typiques du genre, comme par exemple une chienne à fouet :

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Avant et après transformation.

… et les habituelles scènes de bataille dans l’espace, mais cette fois-ci sans les bonnes vieilles maquettes mais avec du CGI qui pue :

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L’histoire ? Comme d’hab’, empêcher les Maku (C-Rex en français) d’anéantir notre monde. Or, ce qui passe sur 25 minutes fonctionne évidemment moins dès que l’on se trouve sur un film de 90 minutes. À moins d’être un lardon, impossible de suivre le spectacle sans se décrocher la mâchoire et il faut péniblement attendre la moitié du film pour ressentir un brin d’intérêt grâce à cet homme :

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« Bande d’enculés, vous allez voir ! »

Et oui, ce bon vieux Kenji san nous fait un come-back et il faut bien reconnaître qu’on ressent alors un petit frisson de plaisir en revoyant ce visage bien connu quoique bien buriné par les ans, ce pantalon blanc et ce cuir marron (avec la putain de chaîne en or qui brille). Et encore avec de beaux restes pour ce qui est des scènes d’action. Pas ridicule pour un sou notre Kenji, surtout lorsque l’on sait qu’il a 58 ans au compteur. Dès sa première scène (une scène de baston of course), le spectateur compend qui est le véritable papa du film. Je me souviens lors de sa magistrale arrivée dans un hangar pourri pour aller casser la gueule à du C-Rex que mon brave petit Olrik Jr (oui, chez les Olrik on aime à regarder ce genre de spectacle en famille) s’est fendu d’un « Oh ! qui c’est le vieux ? » où j’ai senti poindre d’emblée un je ne sais quoi d’admiratif. C’est bien ça la classe : on l’a ou on ne l’a pas. Et Kenji Oba l’a, définitivement. Si bien que la deuxième moitié du film éclipse totalement les exploits de Geki « tête à claques » Jumonji au profit du vieux de la vieille revenu pour botter le cul à ce disciple même pas capable de protéger la femme qu’il aime. Un peu dans le style Hiroshi Hirata, il gratifie à son élève une petite séance de malaxage de face pour lui mettre un peu de plomb dans la tête.

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Et maintenant fous le camp, tu m’fais honte !

Il a bien raison, il n’y a parfois que cela qui fonctionne : la torgnole. La scène est dure, âpre, limite insoutenable mais elle permet à Geki de se sortir les doigts dans la deuxième partie et de combattre cette fois-ci dignement aux côtés de son mentor :

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Et c’est tout naturellement que Geki connaîtra à nouveau le contact de la pogne de Kenji, mais cette fois-ci de manière moins douloureuse :

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– Merci Gavan, on va s’en jeter un ?

– Désolé kid, mais j’ai rencard au love hotel du coin avec Istuki et la môme Shelly.

Respect des anciens, force de l’expérience, pouvoir des putains de chaînes en or qui brillent, ce film, à défaut de paraître dans le top 10 annuel de Kinema Junpo, est assurément de l’étoffe de ces films à montrer d’urgence aux jeunes pousses qui seront la gloire du Japanisthan de demain.

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