GHIBLI + GAINAX = MAKOTO SHINKAI ?

En cette période de fête des mouflets, j’ai décidé de mettre mon costume de Père Noël et de parler dessin animé. Car non, Bulles de Japon ne fait pas uniquement dans un sexy de bon goût et onctueux comme la crême d’un gâteau de Noël qu’une délicieuse bijin déguisée en Mère Noël dégusterait à pleines pognes sans s’apercevoir que son téton gauche est en train de se faire la malle.

Par exemple comme ça.

Oui, le maître des lieux a conservé une âme d’otaku d’enfant et ne crache pas de temps à autres sur un bon anime de derrière les fagots, en particulier au moment des fêtes. Vous pouvez donc permettre à vos gnards de contempler la belle interface de mon blog, l’image au-dessus sera la dernière de son style pour cet article. Attention tout de même car n’imaginez pas qu’en matière d’anime je vais vous parler de Rikiki et Turlulu au pays des Patapons. C’est d’ailleurs une petite erreur d’appréciation que j’ai commise avant-hier lorsque j’ai permis à Olrik Jr (six ans et demi) de suivre ce film en ma compagnie, pensant qu’il allait être tout à fait supportable pour un mouflet de cet âge. D’une certaine matière, il l’est, mais il faut assurément compter avec la force visuelle de certains monstres qui peuvent effaroucher ces êtres non achevés que sont les lardons. Témoin mon Olrik Jr qui, juste après le visionnage de cet anime, redoutait de traverser tout seul le long couloir pour gagner sa chambrette. Heureusement, dans ces cas-là, il y a l’antidote absolu :

Un coup de Benoît Brisefer et les monstres ne sont plus qu’un lointain souvenir. Ah les mômes, j’vous jure !

Bref, tout cela pour dire que le film qui va être évoqué arbore des apparences trompeuses. Ça a la couleur de Ghibli, le goût de Ghibli, mais n’est pas totalement du Ghibli. c’est bien normal puisqu’il s’agit de Hoshi wo ou kodomo, le dernier film de Makoto shinkai, alias « le nouveau Miyazaki » comme ont pu le surnommer certaines revues spécialisées japonaises. Le bougre refuse ce titre honorifique, jugeant que cela le surestime, et pourtant, après le visionnage de ce film venant 3 ans après l’admirable Byousoku 5 centimenter, difficile de nier que ce surnom de journaliste en mal d’hyperboles paraît de moins en moins absurde. Au-delà du génie visuel, on peut y voir deux raisons.

La première tient de la thématique même du film. Comme pour les films de Miyazaki, ce Hoshi wo ou Kodomo vise à l’universalité. On est face à un récit initiatique où un jeune personnage va surmonter des épreuves qui vont lui permettre à la fin d’atteindre à la maturité et de mieux affronter sa vie. Vieille recette qui, depuis Perrault, n’a eu de cesse de faire ses preuves :

Le début nous montre l’héroïne, Asuna, courir sur une voix ferrée. Mais comme un bon petit Chaperon Rouge, elle s’écartera de cette voie toute tracée pour prendre un chemin de traverse où elle croise ici une biquette. Un jeune personnage, une campagne comme tant d’autres, des animaux, un cadre apte à recueillir des symboles simples, on est bien dans un terrain connu, celui du conte, ou plutôt celui du conte made in Ghibli. Comme dans Tonari no Totoro, la nature y est souriante et la vie de la petite ville (non nommée, comme dans tout conte qui se respecte) y est paisible :

On y croise de vieilles obachan et la maîtresse d’Asuna n’a pas de nom. Elle est « la maîtresse » comme elle aurait pu être « le fée », « la boulangère » ou « la marâtre ». L’univers est stable , tranquille, quasi immuable. Lors d’une séquence, on nous montre Asuna chez elle égrener mécaniquement les gestes qui ponctuent sa vie :

Aucune anfractuosité qui laisse supposer qu’il va se passer quelque chose dans cet univers. Et pourtant, à côté du calme de cette vie bien pépère de middle class japonaise (avec un somptueux et minutieux travail de reconstitution dans les moindres détails), on s’aperçoit qu’il est parfaitement apte à accueillir le merveilleux :

Un étrange cristal, une bête-grand-méchant-loup qu’elle croise symboliquement sur la voix ferrée, le conte initiatique est prêt à prendre son envol à la manière d’un Miyazaki, c’est-à-dire avec une imagination graphique exubérante et qui, consciemment ou inconsciemment, n’a de cesse de reproduire des motifs, des détails, des personnages ou des scènes qui donne l’impression au spectateur d’avoir un condensé de tous les films de Miyazaki. Et cela est la deuxième raison – moins flatteuse, il est vrai – qui justifierait le surnom donné à Shinkai. Voici juste quelques une de ces similitudes qui me sont venues à l’esprit :

Asuna possède un chat qu’elle appelle « Mimi » (on pense à Kiki et son chat « jiji »)

Tout comme dans Chihiro, un jeune homme aux cheveux longs, Shun, lui vient en aide (face au monstre évoqué plus haut), avec à la clé un début d’amourette.

Miyazaki aime les châteaux dans le ciel. Shinkai préfère quant à lui les putains de bateaux qui voguent au milieu des nuages.

Attention à celle-ci ! Précisons ici qu’il est question dans le film d’un monde sous-terrain légendaire, Agartha, auquel appartiennent les différents monstres ainsi que ce Shun et son frère, Shin. Justement, celui-ci se fait tirer l’oreille lors d’une scène par une vieille qui apparemment est le big boss de sa tribu :

Elle n’est pas jouasse car à cause de l’amateurisme des deux frangins, deux terriens sont parvenus à pénétrer dans Agartha ! Elle lui demande donc de mettre illico les adjas afin de réparer la boulette. En sortant, il tombe sur une jeune demoiselle qui l’implore de rester :

Puis, avant de partir (car oui, le mec, il part, comme si les jérémiades d’une gonzesse allait empêcher un warrior comme lui de faire son taf’ !), décide de se couper les nouilles (non, non, cherchez pas, il n’y a pas de contrepèterie) :

Bon, je veux bien qu’après Shinkai dise qu’il y a des coïncidences, que cette impression de film-hommage à Ghibli est purement une coïncidence et que son film est avant tout à rapprocher de l’influence quasi matricielle des World Masterpiece Theater (c’est ce qu’il explique dans une interview). Après tout, plus c’est gros, plus ça passe hein ! Mais enfin, pour qui a vu Mononoke Hime et qui a en tête ce qui arrive à Ashitaka au début du film, nul doute que cette personne aura du mal à croire que la mésaventure de Shin est plus proche de Tom Sawyer se faisant botter le cul par Tante Polly parce qu’il n’a pas repeint la barrière que d’Ashitaka se faisant donner sa mission par la chef des Emishis.

Le pompon vient tout de même de cette créature :

Le Quetzalt

Allez, je ne vais pas trop spoiler cette fois-ci et vous laisser la surprise des scènes où il apparaît. Disons juste qu’il est un condensé du Dieu Cerf de Mononoke Hime, du robot filiforme de Laputa, du sans-visage de Chihiro et… du Chat-bus dans Totoro ! Vous comprendrez pourquoi…

Avec une autre référence, et cette fois-ci elle n’est pas liée à Ghibli : Evangelion. C’est effectivement l’influence qui m’a semblé évidente lorsqu’apparaît le Quetzalt avec son apparence hyper stylisée, bien plus proche d’une toile de Picasso que des bons vieux kaijus. Et évoquant donc les fameux Anges d’Evangelion, créatures à la fois sobres et dérangeantes. Le rapprochement est encore plus flagrant lorsqu’apparaît le Dieu d’Agartha :

Ce qui, si l’on ferme les yeux bien fort et pense à Evangelion, nous évoque deux réminiscences, celles de l’Ange Sahaqiel, énorme ectoplasme tombant du ciel (comme ce Dieu) et muni d’un oeil gigantesque :

… et celle de Lilith :

Du coup, quand Shinkai évoque sa volonté de tendre à l’universel, on peut être tentés de le comprendre non pas comme une envie de faire un film à la Ghibli mais plutôt de faire un film d’animation ultime qui serait à la confluence de deux grands courants, celui propre à Ghibli (avec ses récits initiatiques grand public) et celui du studio Gainax, notamment avec une série comme Evangelion, série sombre, introspective, violente et destinée à un public plus adolescent. D’ailleurs, dernière réminiscence, celle que l’on peut voir à travers ces créatures qui poursuivent les personnages pour les dévorer :

Ces monstres rampants et puissants m’ont immédiatement paru familiers. J’ai mis un peu de temps avant de cerner d’où provenait cette impression de déjà-vu. Les dieux singes de Mononoke ? des créatures dans Chihiro ? Non, les Evas en mode berserk dans Evangelion :

Click on the picture !

J’ignore là aussi s’il y a ou non un clin d’oeil de la part de Shinkai mais le parallèle est joli je trouve : dans Evangelion, les jeunes héros se font bouffer par leur Eva dans le sens que leur utilisation leur demande une terrible prise de responsabilité qui les mine petit à petit. Dans Hoshi wo ou kodomo, les monstres-Eva veulent les bouffer au sens littéral du terme. De là à dire que cette armée de monstres qui veulent bouffer cette frêle jeune fille est le symbole de la décérébration adolescente par la culture otaku, il n’y a qu’un pas…

On pourrait reprocher à Shinkai de manger à tous les râteliers, mais force est de constater qu’il met dans son approche des deux styles un tel brio qu’il est difficile de le lui reprocher (1). Reste que l’on peut se poser la question sur le pourquoi du mixage de ces deux styles. On a parfois l’impression que Shinkai aurait pu livrer un film contemplatif dans la lignée de Byousoku 5cm et que les scènes d’action sont là pour éviter un  effet de redite, ou pour attirer un public réfractaire à la lenteur shinkaïenne. Ceux qui ont aimé Byousoku 5cm aimeront Hoshi wo ou kodomo (ou un peu moins). Ceux qui ne l’ont pas aimé, auront plus de chances d’apprécier cet opus. Shinkai a trouvé un juste milieu qui lui permet finalement d’en remontrer de ratisser large de surmonter une panne d’inspiration d’évoluer sans se renier. Car oui, la sauce Shinkai, comprenez une multitude de plans de paysages contemplatifs, de jeu sur la lumière qui donne un effet immédiatement reconnaissable sur les couleurs, est bien servie avec de généreuses rasades. Avec à la clé, peut-être, une impression de présence inappropriée de ces plans, comme si le film, alternant scènes d’actions contemplatives, fonctionnait comme par à coups, courant le risque de jouer sur un faux rythme et d’ennuyer le spectateur, notamment dans le milieu du film. C’est ce faux rythme, bien plus que les références à Ghibli ou Gainax, qui est finalement ce qu’il y a de plus déroutant dans ce film :

Il y a ce côté Tree of Life chez Shinkai, ce côté collectionneur d’images à tomber par terre pour célébrer la beauté du monde. On peut trouver ça chiant ou au contraire se lover de plaisir dans son fauteuil et accepter d’en prendre plein les mirettes. Peut-être y a-t-il une histoire de pacte, de connaissance de cause lorsque l’on décide d’aller voir un film de ce genre de réalisateur. Ces plans montrant un tout et ceux s’attardant sur une infime partie de ce tout :

… font partie de sa stylistique, inutile dès lors de geindre si l’on sait que ce n’est pas notre came. Et finalement, l’histoire et ses rebondissements ne sont que peu d’importance. Entre le moment où l’héroïne entre dans Agartha et celui où elle en sort, le récit peut faire office de parenthèse symbolique dans la vie de la jeune fille. un thème est ici à évoquer, thème pour le coup commun à Shinkai, Miyazaki et Anno (le réalisateur d’Evangelion) : celui du manque. Qu’il soit lié à la recherche d’amour, d’un bouleversement dans la vie ou d’une recherche d’affection parentale, les personnages n’ont toujours de cesse de chercher une issue à ce manque. Dans Hoshi wo ou Kodomo, ce manque est à lier à la perte d’un père. Asuna est souvent seule à la maison et occupe le rôle de femme au foyer tandis que sa mère est au travail. Sa vie apparaît comme un trop plein d’activités, qu’elles soient scolaires ou ménagères. D’une certaine manière, c’est une petite fille parfaite, on apprend d’ailleurs qu’elle est largement la meilleure élève de sa classe. Mais à aucun moment elle ne donne l’impression de se construire elle-même, par exemple en ayant des relations avec des enfants de son âge. Toute au plus une séquence nous la montre quelques secondes en train de discuter avec une amie. Les seuls moments où on l’aperçoit telle qu’en elle-même sont ceux où elle gagne sa cachette secrète haut perchée dans la montagne (refuge qui rappelle d’ailleurs celui d’Ashitaka dans Mononoke Hime) et contemple le paysage en écoutant la musique d’un étrange appareil légué par son père. Le voyage à Agartha sera un voyage au fond d’elle-même où, à travers des situations et la rencontre de différents personnages, une kyrielle de symboles agiront comme une maïeutique et lui permettront de délaisser à son retour son costume de fille-adulte pour n’être dorénavant une presque jeune femme :

 

Les trois phases de l’évolution d’Asuna : la gamine, la petite fille qui essaye de plaire, la jeune fille plus armée pour aimer et être aimée.

Cette structure en trois parties (très déséquilibrées entre elles) correspondant à trois étapes de la vie des personnages n’est pas sans rappeler celle de Byousoku 5cm. Avec à chaque fois la même issue : les héros s’affranchissent de leur manque (plus ou moins douloureusement) pour mieux entrer dans la vie ou plutôt, pour mieux entrer dans un nouveau cycle. Jamais de désespoir chez Shinai. Ou tout du moins un désespoir temporaire. A l’image des saisons :

… à l’image de ces femmes enceintes :

… sentiments ou existence, tout est une histoire de cycles, de vie et de mort. Quand Asuna et son père tutélaire en la personne du maître d’école (parti chercher à Agartha un moyen de ressusciter son épouse) comprendront cela, ils pourront vivre sereinement en tendant vers cet unique but : l’amour. là aussi, le point commun avec Miyazaki et même Malick (comme dirait Elkabbach : « OSONS ! ») est manifeste. Pour le premier, je n’évoquerai que cette scène poignante dans laquelle le dieu Cerf vient prendre la vie au Dieu Sanglier. D’une manière plus surprenante, le quetzalt nous fait la même chose avec le petit chat. La mort n’est clairement pas une rupture mais correspond à une vision panthéiste de l’univers. La vie est partout dans la nature, et la mort en est sa conséquence naturelle. Quant à l’amour (d’une personne, de la famille, de la nature, de Dieu), il est comme chez Malick ce qui va permettre de remplir le vide de l’existence et lui donner un sens. Même douloureux (cf. le héros de Byousoku 5cm), il est ce qui permet au pire de « tenir », au mieux de se transformer, d’entrer dans un nouveau cycle :

C’est tout le sens finalement de cette pléthore de sublimes paysages dont la beauté et le caractère élégiaque (pas sans rappeler les compositions de Caspard Friedrich) viennent compenser le vide intérieur des personnages. Ceux-ci apparaissent souvent bien moins tranchés, moins aboutis psychologiquement que ceux de Miyazaki. Difficile là aussi de le reprocher à Shinkai tant son choix semble s’être porté sur des êtres qui apparaissent comme des coquilles vides qui vont essayer de se remplir de quelque chose. A l’optimisme de Miyazaki, Shinkai répond par une mélancolie qui parvient à se surmonter. Aux gentils monstres qui viennent rassurer deux petites filles inquiètes parce que leur mère est hospitalisée, Shinkai choisit un voyage beau et éprouvant dans lequel l’héroïne se confrontera sans aucune concession à la vie, l’amour et la mort. Le meilleur dans tout ça ? c’est que Shinkai n’a que 38 ans.

 

Bon, allez les enfants, le père Olrik a assez fumé de chocolats comme ça, il est temps pour lui d’entrer dans son réveillon. Un petit bonnezeaux en guise d’apéro me tente assez. Soyez sages pour ne pas décevoir la gars en survèt’ rouge dans ces ultimes heures, Olrik vous souhaite quant à lui :

 

(1) A tel point d’ailleurs que l’on peut se demander si les productions de Ghibli, à une époque où le studio cherche une relève, ne risquent pas d’être ringardisées. Moins de danger pour Gainax qui n’a finalement pas vraiment rejoué la carte dépressive d’Evangelion et qui est capable d’utiliser un registre volontiers plus décalé.

 

 

Du même tonneau (ou presque) :

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5 Commentaires

  1. la base de l’histoire fait aussi penser à Chihiro, avec cette même aventure dans un *autre* monde amenant l’héroïne à entrevoir ses peurs & doutes pour s’ouvrir à la vie (en même temps, pour certains Chihiro traite de prostitution…). sauf que Miyazaki croit profondément en chacun de ses personnages & de ses symboles là où Shinkai est plus maladroit & plus mécanique – l’initiation penche vers le prétexte aux beaux décors.

    pareil sur la comparaison avec Malick et son Tree of Life, il lui faut moins de 5 minutes pour établir l’impact d’un drame sans même avoir présenter les personnages (le Père au téléphone), pour ensuite passer 2heures à aligner les plans tous plus symboliques les uns que les autres – d’ailleurs, ce que j’ai lu de plus pertinent sur le film. Shinkai n’a pas (encore) cette ampleur ou cette confiance.

    et puis sacrilège, ( ̄へ ̄)ramener Totoro à un simple gentil monstre venant rassurer des fillettes, alors que le film aborde avec simplicité ce que Shinkai n’arrive jamais à effleurer – la notion d’émerveillement, de rapport au monde & aux autres, d’aventure… tout ça se déroulant dans un coin de jardin !

    (les principaux studios d’animation jap’ comme la Gainax ou Madhouse traversent une période difficile, en mettant davantage l’accent sur des grosses licences genre Marvel – l’une des conséquences, c’est que de nombreux réas partent fonder leurs propres studios, à l’exemple de Hosoda qui prépare son nouveau film hors Madhouse).

  2. Je veux croire en Shinkai. Evidemment, il n’est pas encore Miyazaki et encore moins Malick mais il n’a pas non plus la même bouteille. Je veux bien parier que le meilleur est à venir et que « l’ampleur » et la « confiance » seront au rendez-vous.

    et puis sacrilège, ( ̄へ ̄)ramener Totoro à un simple gentil monstre venant rassurer des fillettes, alors que le film aborde avec simplicité ce que Shinkai n’arrive jamais à effleurer – la notion d’émerveillement, de rapport au monde & aux autres, d’aventure… tout ça se déroulant dans un coin de jardin !

    J’avoue, je plaide coupable ! Pure mauvaise foi de ma part. Autant je déborde d’admiration pour Chihiro et Mononoke, autant Totoro finit par me sortir par les yeux. Trop vu, trop rabâché, trop estampillé « anime jap’ sympa et de qualité pour toute la famille ». La machin a fini à mes yeux par perdre tout sens. Si lors de mon premier visionnage j’ai pu être sensible aux thèmes que tu évoques, il est maintenant synonyme pour moi de truc nunuche de cour de récré franchement insupportable. Une sorte d’énorme machin clicheton qui me donne à penser que Miyazaki a quand même un sacré génie pour avoir su créer après ça, ne pas s’être fait gober par lui comme par le Sans-Visage de Chihiro.
    A ce sujet, l’interprétation de Chihiro que tu donnes est amusante, tout comme la remarque se Suzuki. Il serait intéressant de connaître ce qui se cache derrière l’apparence lisse et rassurante du Studio Ghibli et de ses pontes. On serait peut-être surpris. Un bouquin est sorti dernièrement chez Kana à ce sujet, je ne sais pas ce qu’il vaut…

    • Il serait intéressant de connaître ce qui se cache derrière l’apparence lisse et rassurante du Studio Ghibli et de ses pontes. On serait peut-être surpris.

      Dans cette conférence décryptant le travail des animateurs clés – et donc de leur importance, il y a un court passage sur Le Château Ambulant avec l’une des dernières scènes où l’animateur avait beau être bridé par Miyazaki, le style du mec restait suffisamment visible – au niveau des formes, du côté archaïque…

      C’est qu’une anecdote, mais ça donne une petite idée des difficultés rencontrées par les animateurs taffant chez Ghibli – du moins, au début des années 2000, même si ça semble rester valable encore aujourd’hui, la mauvaise passe actuelle poussant les cadres du studio à revoir certains points… en faisant du Ghibli conscient d’être du Ghibli. Hum…

  3. C’est en cela que le film de Shinkai fait figure en comparaison de bain de jouvence. Dans la forme du moins, dans le fond il y a matière à discuter. Il n’est pas tenu, lui, par un cahier des charges et n’a pas à subir la férule d’un Miyazaki. Qu’il soit hyper exigeant avec ses employés, après tout, rien de plus normal. Mais j’ai malheureusement parfois l’impression que cette exigence se mue en tyrannie qui assèche de l’intérieur le style Ghibli. A quoi bon vanter la venue de nouveaux jeunes réalisateurs si c’est pour les foutre dans les rails du vieux maître ?

    Il me semble que ce qui serait salvateur (ou du moins une bulle d’oxygène) pour Ghibli, ce serait le retour du vieux Takahata. Mais les rumeurs d’un éventuel retour sont hélas bien contradictoires…

  4. Il y le film de Goro Miyazaki (le fils) qui devrait sortir d’ici peu il me semble. Je n’ai pas vu son précédent mais il a sûrement une approche différente, surtout vu à quel point ses rapports avec son père semblent difficiles (vu le dernier numéro de Télérama).

    Sinon bah Shinkai je connaissais pas du tout, je vais attaquer une fois que j’en aurai fini avec mes partiels.

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