Secret chronicle : She Beast Market (Noboru Tanaka – 1974)

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Dans la galaxie des films qui composent le genre du roman porno, Secret Chronicles : She Beast Market réussit la performance d’être le moins érotique de tous. Pourtant, 3ème opus d’une trilogie consacré à la prostitution, rien ne le prédisposait à la clore de telle manière puisque le premier n’était autre que l’amusant Prostitution Market (1972, réalisé par Chusei Sone) et le second le plus sérieux Torture Hell (1973, réalisé par Noboru Tanaka), sérieux mais avec son lot de scènes érotiques à la photographie bien léchée (si l’on ose dire). Pour le dernier film, c’est une nouvelle fois Tanaka qui s’y colle mais cette fois-ci avec un changement radical de cap. Plus question de Tokyo/Edo, direction le quartier pauvre et contemporain d’Osaka. Mais surtout, finies les belles couleurs de la Nikkatsu et bienvenue à un noir&blanc sale et granuleux au possible. Oublié l’érotisme glamour, place à un érotisme de la moiteur qui, s’il s’avère fascinant, n’a rien pour éveiller une lueur de lubricité dans le regard du spectateur.

D’emblée, les premières images donnent le ton. Nous avons affaire à un quartier d’Osaka urbain, sauvage, pas vraiment folichon, dans lequel il n’y a rien à faire à part baiser. Et si le premier plan nous le montre à travers un grillage, c’est sans doute pour suggérer un enfermement des habitants dans ce quartier.

Puis, la caméra plonge vers un point situé en bas, à droite du cadre, pour nous montrer deux femmes en train de discuter.

Il s’agit de Tome et de sa mère. Le spectateur ne met pas longtemps à comprendre qu’il s’agit de deux prostituées. Agacée, la maman demande à sa fille pourquoi elle veut absolument changer de quartier pour se vendre alors qu’il y a suffisamment de clients pour toutes deux. Le ton est aigre, et la réponse de Tome est désinvolte, un peu rêveuse. Elle est jeune, son corps plaît donc davantage que celui de sa mère, elle peut donc faire ce qui lui plaît, à commencer par s’affranchir de sa mère.

A priori, Tome (interprétée par Meika Seri) est une jeune femme séduisante. Elle l’est certainement mais des plans, accentués pas l’éclairage et le noir et blanc,  nous montre aussi une peau boutonneuse, en opposition totales avec les peaux bien propres et bien maquillées de nombre d’héroïnes « nikkatsiennes ».

Au-delà du symbolisme de cette peau qui évoque une MST ou une souillure au sens large, ce plan souligne surtout le parti pris réaliste de Tanaka. Et ce n’est pas fini, loin s’en faut, She Beast Market peut en effet être vu comme une juxtaposition de scènes qui vont certes nous montrer la trajectoire incertaine de Tome, mais surtout nous plonger de façon quasi documentaire dans un Osaka peuplé uniquement de putes, de macs et de michetons.  Et cela débouche parfois sur un certain surréalisme, comme ce plan nous montrant des hommes en train de nettoyer dans un seau…

Des capotes usagées !

C’est que nous sommes dans un endroit où il y a surconsommation de sexe. Si Gainsbourg faisait des trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous, ici on bouche les trous, encore les trous, toujours les trous. C’est une sorte de besoin aussi naturel qu’obsessionnel. On baise comme on respire, ou plutôt, comme on transpire, car l’acte sexuel apparaît comme une sorte de rut sauvage dans lequel l’homme fait n’importe quoi et la femme écarte les cuisses et fait plus ou moins semblant. Pas de postures érotiques sophistiquées, de corps séduisants bien galbés, de plaisirs partagés, à la place on a droit à ça :

Tome se fait prendre sans façon devant son frère, attardé mental, en train de manger une glace. La jeune femme semble ici éprouver du plaisir mais il faut préciser que le sourire qu’elle affiche dans cette sont sans doute moins dues aux poussives performances de son amant que du beau billet qu’il lui a donné et qu’elle tient dans sa main durant tout l’acte.

Quelquefois, la caméra s’attarde au plus près des corps dénudés et on retrouve une certaine stylisation érotique propre à beaucoup de roman porno de la Nikkatsu. Mais très souvent, c’est semble-t-il plus pour insister sur la transpiration des peaux et les poils qui en sortent que pour suggérer l’érotisme à travers des formes arrondies.

La sudation semble être la marque de la jouissance. La partenaire éprouve-t-elle du plaisir ? Rien n’est moins sûr mais au moins la moiteur donne-t-elle l’illusion qu’il y a de l’excitation. Et si ça ne suffit pas, il y a toujours la possibilité de verser du saké ou de la bière bon marché sur le corps de la fille pour accentuer l’illusion de l’excitation :

Atroce.

Autre constante, déjà évoquée plus haut : le bouchage de trou, quel qu’il soit. Au lavage de dents rudimentaire pratiquée par les prostituées après une « consultation » :

… répondent ces doigts de clients excités à l’idée de fourailler la bouche de leur partenaire :

Quant aux bouteilles d’alcool, elle peuvent éventuellement servir à combler un autre trou.

Bref, transpirer, boucher un trou, voici l’acte sexuelle dans sa plus simple expression. Et dans sa systémisation. En fait, ce quartier d’Osaka apparaît comme une sorte d’endroit fantasmé où le faire, avec qui, quand, comment et où ne pose aucun problème. C’est une norme :

« Dans ce quartier, tout le monde doit se vendre ? demande une novice à Tome

-Oui, même si on veut pas. »

Et plus tard, Tome aura cette formule : « Je ne suis plus un être humain, je suis une poupée gonflable ». Matin, midi, soir et nuit, Tome est disponible pour n’importe qui n’importe où.

On ne saurait trop dire si on se trouve face à un monde déréglé ou au contraire parfaitement réglé. C’est un univers qui est dans sa propre logique. Qu’un maquereau dise qu’il s’est fait sertir une perle sur son pénis pour donner plus de plaisir à ses partenaires n’a rien de surprenant. Idem pour des lavages de capotes en pleine rue. Quant à rencontrer un beau jeune homme rafistolant sa poupée gonflable sur le trottoir, c’est tout-à-fait imaginable :

Et que dire de la relation avec Tome et Taneo, son frère déséquilibré ? Une première scène nous la montre plaisantant avec lui et offrant gaiment son vagin à léchouiller. Plus tard, elle lui donnera le sein et prendra l’initiative de le masturber puisqu’après tout, « [il est] un homme ». Le pauve Taneo est un malade mental, ce n’est pas de sa faute, et il a bien le droit à avoir un peu de plaisir comme tout le monde non ? Et puisque personne ne veut le faire, il est normal que ce soit la grande sœur, particulièrement amicale avec lui, qui s’y colle.

Pour un peu, on pourrait presque dire qu’il y a une logique de carnaval tant tout semble systématiquement inversé dans cet univers. Comme chez Rabelais (avec une bonne dose de glauque en plus), c’est le bas matériel qui prime avant tout et qu’une sœur branle son frère n’a rien de choquant.

Néanmoins, la mort n’est parfois jamais très loin. Ainsi entre Tame et sa mère, pour qui le torchon fait parfois plus que brûler :

Et le jeune homme à la poupée gonflable, qui soupire après sa petite amie devenue l’amante attitrée du maquereau à la perle sur le gland, vise tout simplement au meurtre collectif en piégeant sa poupée avec… du gaz !

Puis arrive cette scène qui nous montre la mère de Tome se faire lamentablement prendre dans une histoire de vol sur l’oreiller. On croit alors que le jeune femme, libérée de cette mère qui apparaît comme un double décati et jaloux  d’elle-même, va enfin parvenir à s’extraire de cet univers minable. Pour commencer, Tome commence par se donner à son frère en une scène presque touchante, qui tranche en tout cas avec la bestialité nauséeuse des autres coïts du film. C’est alors que le film, à la manière d’un Wakamatsu, bascule dans la couleur pour ce que le spectateur suppose être une renaissance.

Le soleil, puis un coq, l’animal qui au Japon incarne traditionnellement justement le soleil, apparaissent. Puis nous voyons les petites rues bien connues du quartier d’Osaka, rues qui en couleurs perdent tout de suite de leur rudesse. Le film à cet instant semble prendre un nouveau départ. Taneo, accompagné de son coq, décide de s’extraire de son quartier pour se perdre dans Osaka. Pour la première fois, on voit de la voiture :

Mais aussi de la ville japonaise de carte postale :

Il y a un peu de la quête baudelairienne dans le périple de Taneo. Il semble chercher son nid, l’endroit où il pourra s’envoler, fuir sa vie passée. De fait, les images nous le montre systématiquement dans des endroits plus ou moins élevés, traînant par le cou le pauvre volatile. À la fin, il se rend tout en haut de la fameuse tour du quartier de Shin-Sekai, la Tsuten-kaku (littéralement, la tour qui touche le ciel) :

Là, il y jette dans le vide l’oiseau qui, évidemment, après quelques battements d’ailes apeurés, se laisse suspendre dans le vide par le cou. Les gallinacés ne volent pas et Taneo n’a plus qu’une alternative : retourner chez lui. À défaut de s’envoler, il pourra y faire comme le volatile : se pendre.

« Où pensais-tu aller en allant toujours plus haut ? » lui demande sa sœur. Celle-ci a en tout cas bien compris qu’il lui est inutile de faire des châteaux en Espagne. « Ici c’est à mon image, c’est pour ça que je reste » confie-t-elle à un ami. Le film peut à niouveau basculer dans le noir et blanc et reprendre sa thématique d’un érotisme poisseux et assumé. Et de terminer par une fulgurante scène :

On y voit une Tome renversée demandant à un client d’insérer dans son vagin une cigarette et de l’allumer. « Tu sais, je suis dans la fleur de l’âge, profites-en, allume-moi ! ». Le renversement carnavalesque est total et apparaît finalement  comme le seul bonheur d’être de la jeune femme. Sur le dernier plan, on la voit tournoyer dans un terrain vague face à la Tsuten-Kaku. Toupie dérisoire, condamnée à tournoyer sur le sol crasseux de son quartier. Mais peu lui importe, et peu lui importe la promesse mensongère de cette tour au nom ronflant.  Elle vend ses fesse sur son territoire, son home, là est son bonheur.

Film sorti en DVD chez Geneon, sans sous-titres.

Du même tonneau (ou presque) :

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22 Commentaires

  1. O_o

    Nan mais…

    OH !!!!

    T’as pas honte !

    Ce genre de film, c’est bon pour filer la gaule à des lecteurs terriblement en manque de séance japanisthanaise !

    Là, j’ai mal au ventre, entre ces matsuri où l’on ne fait que bouffer, et ton fils, intimidé mais qu’on imagine heureux, tant il est proche de serrer la main de son idole, sous les yeux d’un père aimant.

    Mais là, patatras.

    Entre cette sueur et ces capotes usagées, j’ai vomi.

    Je ne vous félicite pas Olrik. Je vous pensais un criminel plus classieux.

    Clarence, il crie « Remboursez » !

  2. Attends, je sortais tout juste de « Toys Story 3 » avec mon gamin, tu m’étonnes que j’étais en manque! (allez, j’exagère un peu, c’était pas si mauvais que ça, « Toys Story 3 », plutôt plaisant en fait)

    Et puis, quoi, un bon rail de film-japonais-malsain-inconnu-quituelagueule n’a jamais fait de mal à personne, tout le monde fait ça, non?… Non?… Ah bon.

    Rassure-toi tout de même, ce film s’est intercalé entre Shutter Island (une excellente surprise) et Chobizenesse de Jean Yanne, que tu connais forcément. Et ce soir, comme je suis cette fois-ci en manque de pains dans la gueule, je crois que je vais me remater Total Recall.

    Pas de Japanisthan cet été pour ma pomme, mais du matage de chefs d’œuvre, ça il y en a!

  3. Quel visionnaire ce jeune homme. Tshirt blanc à rayure bleu façon ‘marine’ sur un pantalon beige/sablé. Savait-il que ce style renaitrait aux alentours de 2009-2010 ?

    Moi je dis chapeau.

  4. Ouais, le séquence en couleur ne dure que 5 minutes et on ne voit que ce satané tshirt. Cet acteur qui joue un attardé mental est sûrement un génie, faudra que je vois un peu plus en détail sa filmographie.
    Sinon bienvenue sur ce blog, sorte de représentation un peu chaotique mais finalement fidèle de mes rapports avec le Japon.

  5. Sorti aussi en France au ciné + VHS (d’où l’apparition du bootleg sous-titré!)

  6. Sortie ciné! Mois de juin 90 pour être exact (avec Abe Sada + La maison des perversités). 6000 entrées sur 400 séances (des résultats pas si nul comparès aux autres petites sorties).
    Il y a des petits trésors 35mm qui meriteraient d’être projetés de temps à autres (pour une fois qu’on a une copie 35mm vostf), notamment les Mitsuo Yanagimachi qui pourrissent en silence.

    • Étonnant, surtout ce « 400 séances » je trouve. Enfin, étonnant, ça dépend pour quoi, le film les mérite bien sûr largement par sa qualité, c’est juste qu’à une époque où l’engouement pour les films asiatiques n’était pas si répandu, le « score » n’est effectivement pas si mal et à de quoi surprendre.

  7. oui pas si mal! Mine de rien il y a moyen de faire des projos françaises sympa centrées sur Noboru Tanaka (ça + wildside + cinemalta). Bizarre que ce film ait sombré dans l’oubli au contraire de Abe Sada, une sortie sans doute un peu trop « couillue » pour l’époque. (doit y avoir du matos photo presse sympa dispo tiens d’ailleurs .. m’en vais investiger ça ^^)

  8. Il n’y a rien sur le net à mon avis, va falloir user du telephone pour contacter&convaincre le distrib de fouiller ses archives 🙂 Pour les trucs plus récents, (wild side ou les cinemalta), il y a pas mal de visuels sur le net par contre (heureusement, car coté nippon c’est verrouillé à double tour). Ou alors carrement scanner le bouquin sur Tanaka qui doit contenir pas mal de belles choses.

    • va falloir user du telephone pour contacter&convaincre le distrib de fouiller ses archives

      Et c’est une combine qui marche facilement avec ton statut de grand manitou d’Eiga go go ? Attends, je vais te faire une liste d’affiches et de photos d’exploitation que je cherche désespérément! 🙂

  9. >Et c’est une combine qui marche facilement avec ton statut de grand manitou d’Eiga go go ?

    ah non, ça marche très mal et ils s’en tamponent le coquillard du site, c’est que du sytème D, mais l’animal est coriace et lache difficilement prise 🙂
    Apres, en direct avec les indés nippons c’est plus simple de chopper du trucs rare dans le cadre d’un article (chose impossible avec les gros studios qui cadenassent tout ça).

    Balance moi tes recherches, je verrais ce que j’ai en stock (mais t’attends pas à un miracle ^^)

  10. >Et c’est une combine qui marche facilement avec ton statut de grand manitou d’Eiga go go ?

    ah non, ça marche très mal et ils s’en tamponnent le coquillard du site, c’est que du sytème D, mais l’animal est coriace et lache difficilement prise 🙂
    Apres, en direct avec les indés nippons c’est plus simple de chopper du trucs rare dans le cadre d’un article (chose impossible avec les gros studios qui cadenassent tout ça).

    Balance moi tes recherches, je verrais ce que j’ai en stock (mais t’attends pas à un miracle ^^ .. et en mail si possible, pour reste un peu discret)

  11. C’est la photo qui est palotte ou wildside qui booste les contrastes (http://www.wildside.fr/get/medias/oeuvres/hd_1600x1280_fleurpale03-0976791001247229556.jpg,paleflower-photo-de-presse.jpg) ?!! 🙂

    Je me prend pas la tête non plus, je reserve juste ça pour les articles, mais plus ça va, plus je me rend compte que l’habillage/aspect d’un site compte plus que le contenu :'( et que la grosse-tof- qui-pete-ton-ecran est un atout non négligeable dans l’image du site. Heureusement que j’ai fait le site en minimaliste il y 6 ans, ça tient encore à peu près la route, mais le gros lifting va se faire de + en + pressant.

    une autre en passant:
    http://www.pprg.infoteca.it/easynet/Archivi/FEFJ/Files/PressArea/RetroShinToho/GirlDrivers/Girl%20Divers%20Of%20Spook%20Mansion_001.jpg

  12. Écrire que l’action se passe à Ôsaka est passer à côté d’un point important du film : le lieu c’est ‘Airin-chiku, aussi connu sous le nom de Kamagasaki.

  13. Oui, j’ai péché par manque de précision mais peut-être pas aussi lourd que vous le pensez :
    « Plus question de Tokyo/Edo, direction un quartier pauvre et contemporain d’Osaka. »

  14. En me relisant, je crois que si j’avais voulu faire le gars qui à peine arrivé quelquepart vient faire son pénible auprès de son hôte, je n’aurais pas forcément rédigé de manière différente.

    Comme ce n’était pas mon intention, je vais expliquer davantage.
    J’ai vu ce film il y un peu plus d’une quinzaine d’années au cinéclub de la fac. Ça a été un gros choc pour moi, une émotions très forte. Effectivement, comme vous le décrivez, j’ai ressenti la scène d’amour entre Tome et son frère est l’un moments les plus humains, les plus « normaux » du film.

    En sortant, en discutant du film, on m’a expliqué les « particularités » du quartier où il se déroulait, c’est à dire LE ghetto d’Ôsaka, non pas peuplé essentiellement de burakumins et de Koréens comme la plupart des (nombreux) ghettos du Kansai mais l’endroit où viennent se réfugier ceux qui n’ont nulle part ailleurs ou aller, comme par exemple la jeune fille de bonne famille (ça s’entend à la manière dont elle parle) qui s’est enfuie avec le jeune homme à la poupée gonflable.
    Le W.E. suivant, je m’y suis donc rendu, et là, j’ai eu un deuxième choc. C’était hallucinant. J’ai habité au Japon dans des quartiers pauvres, modernes ou vieux, avec les yakuzas au bain public et les jeunes qui se shootent au solvant dans la rue le samedi soir, mais c’était à mille lieues de se que j’ai vu. Ça suitait la misère même pas caché, les traffics, le jeu et l’alcool comme je ne l’ai jamais vu ailleurs. Sur la place principale, des centaines ? de SDF essayaient de se réchauffer sous le soleil de décembre. Dans un coin, gars louait un (et un seul) club de golf à trois autres gugusses qui faisaient leur partie sur la place. Surréaliste.

    Donc pour revenir au film, je pense que le quartier où il se déroule est un personnage à part entière du film, peut-être le plus important. Il est donc àma important de comprendre qu’il s’agît pas juste d’un quartier pauvre, mais du dépotoir de la société japonaise.

    Cordialement,

    A.

  15. Effectivement, après une telle expérience, je comprends mieux pourquoi insister sur l’identité du quartier te (le vouvoiement perd rapidement ses oripeaux ici, j’espère que cela ne te dérange pas) semble crucial. Le plus surprenant dans ce que tu dis est que cette misère existait encore il y a seulement quinze ans. Apparemment, en consultant la page Wikipédia sur Kamagasaki, il semblerait cependant que le quartier ait favorablement évolué depuis quelques années :
    « The area surrounding Kamagasaki nowadays is very clean and attracts tourists with popular sightseeing spots including the Tsutenkaku, Shinsekai, and Nipponbashi. »
    Par contre, la notice ne dit pas où a été parquée la misère.

    Sinon, Seiryu Inoue semble être LE photographe de ce quartier. Les quelques photos de lui que l’on trouve sur le net donne cette même impression que She Beast Market de pauvreté brute et photogénique :
    null

    Encore une fois, une sacrée expérience que cela a dû être et malgré la douleur humaine que ces scènes de la vie quotidienne devaient déballer sur les trottoirs, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurais aimé la voir, mon réflex à la main. Il est des coups de poing à l’estomac qu’il est parfois bon pour l’âme de se prendre.

    Bonne soirée,

    Olrik.

    PS : un cinéclub d’université qui diffuse She Beast Market ! Assurément, les programmateurs étaient des gens intéressants.

  16. J’ai vu ce film, étudiant dans un cinéma d’art et d’essai, il y a presque 20 ans… Jamais oublié. J’en garde un souvenir prégnant, mélancolique.

  17. « Jamais oublié ».
    Il y a de quoi. Je l’ai vu il y a moins longtemps mais je pense qu’il aura le même effet. Il est de ces films que l’on oublie pas de sitôt. Cela a dû être une chouette expérience que de le voir sur grand écran.

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