Tokyo (Nobuyoshi Araki)

Araki a coutume de dire que ses photographies tournent toujours autour de trois thèmes majeurs : l’amour, la mort, et Tokyo. Pour les deux premiers, on pense bien sûr immédiatement à ses photos de type « bondage ».  Car c’est malheureusement, à mon avis, ce à quoi on l’associe aussitôt. Certes, dans ce domaine Araki fait preuve d’originalité et d’un certain esthétisme. Mais d’un autre côté, si voir des femmes plus ou moins dénudées, ficelées comme des saucisson, n’est pas votre truc, il n’y aura rien à faire, vous risquez de vibrer à ses peu à ses photos.

Heureusement, Araki est un Tokyoïte, qui aime sa ville, et qui a l’habitude de la photographier dans ses moindres recoins, au gré de ses promenades. Son dernier recueil paru l’été dernier, simplement intitulé Tokyo (écrit en katakana) est un exemple de sa pratique du « street shooting ». Intégralement en noir et blanc, s’il n’est pas révolutionnaire, ce recueil propose une grande variété de situations et de thèmes à l’amateur de photographie de rue. A l’évidence, Araki est incapable de regarder sa ville avec cynisme. Un peu comme la capitale était sa grande amie de toujours. Il la prend telle quelle, sans chercher à l’embellir, c’est-à-dire en n’ignorant pas ce fatras de ruelles insignifiantes et désertées par les touristes, mais il en ressort toujours un étrange sentiment de complicité, d’affection pour ces parcelles de bitume que l’on devine arpentées encore et toujours par le photographe.

Mais cette complicité, on la retrouve aussi à travers l’attitude des sujets captés par l’objectif. Regards amusés, sourires, le jeu qui s’instaure avec les personnes qu’il rencontre est-il volontaire ou fortuit ? Difficile à dire. Il en ressort en tout cas un sentiment chaleureux bien éloigné de l’image du Japonais impassible et quasi robotisé, obsédé par son travail. Il y a dans ce livre une belle collection de sourires, bien loin des habituelles collections de femmes ficelées au visage impassible,  qui compense assez bien l’impression de banalité que l’on peu ressentir devant certaines photographies.

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